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Les premiers ecrits de Freud, la naissance de la psychanalyse.

Par   •  3 Novembre 2018  •  9 513 Mots (39 Pages)  •  158 Vues

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- L’âme et ses maux à l’origine des maladies mentales

Comme nous avons pu l’évoquer dans l’introduction, à la fin du siècle des Lumières et autour de la révolution, s’opère une réforme radicale, pour l’époque, des institutions recevant les aliénés. La folie est humanisée et par conséquent Pinel va commencer à élaborer une nosographie des maladies (Pinel, 1798). La psychiatrie fonctionne alors comme un pôle d’observation de l’homme. Selon Freud, certains cas de malades ont mis “grandement à l’épreuve l’art des médecins” car les processus de la maladie ne pouvaient se voir, ni se sentir (Freud, traitement psychique, 1890). Mais cependant, les conclusions restent rationnelles et scientifiques. Le traitement par la parole du psychisme semble tomber dans l’oubli, ou du moins Freud nous indique que “les médecin ont de tout temps pratiqué le traitement psychique, et jadis encore bien plus qu’aujourd’hui.” (Freud, 1890). Ce traitement moral va être revisité par Freud, où il n’est pas question pour lui de réhabiliter la raison des malades.

- Le traitement psychique et les influences de l’âme sur le corps

En effet, Freud nous parle lui de “traitement psychique” (1890). Selon lui, de par ses origines étymologiques (psyché en grec se traduisant par âme), le traitement psychique correspondrait à un “traitement des manifestations morbides de la vie de l’âme”. Freud précise qu’il s’agit d’un “traitement prenant origine dans l’âme, traitement - de troubles psychiques ou corporels - à l’aide de moyens qui agissent d’abord et immédiatement sur l’âme de l’homme”. Il va donc dans Traitement psychique remettre en lumière le rapport de l’âme sur le corps, “guère en faveur auprès des médecins” de son temps (p3). Il relève diverses influences psychiques jouant un rôle sur le corps et sur les processus morbides. “L'expression des émotions" est pour lui “l’exemple le plus quotidien” de l’action de l’âme sur le corps, des signes des processus psychique de l'individu. Nous pouvons observés les modifications corporelles provoqués par les affects (ensemble des manifestations affectives caractérisées par leur nature agréable ou désagréable) : “modification de l’expression du visage, de la circulation sanguine (…)”. L’affect peut être “persistant de nature pénible”, c’est à dire aussi appelé état “dépressif” où là aussi le corps empathie par “une baisse globale de la nutrition corporelle” provoquant des “blanchissement des cheveux, perte de graisses (...) (p6). Certains affects peuvent à l’inverse développer un épanouissement du corps (bonheur). Les affects peuvent aussi influencer le développement de certaines maladies, soit en les aggravants, par exemple “une honte cuisantes est susceptible de mettre un terme brutal à la vie” (p 7). La volonté et l’attention sont eux aussi la preuve de l’influence de l’âme sur le corps, et activer ou désactiver la maladie. Par une concentration de l’attention, un sujet peut faire augmenter ou diminuer ses douleurs. De même un détournement de l'attention permet de supprimer celles-ci. Freud prend l’exemple du martyr (Freud, 1890, p.8) en expliquant que quand le sentiment religieux du martyr atteint son apogée, les douleurs peuvent être supprimées. La volonté joue un rôle important, par exemple dans la guérison du patient par le traitement hypnotique. En effet l’hypnose ne peut avoir lieu sans que le patient soit consentant et veuille le succès de son traitement. La volonté est aussi évoquée dans Les Psychonévroses de défense au moment où Freud parle du clivage de la conscience : “le clivage de la conscience est la conséquence d’un acte de volonté du malade”. Enfin Freud développe le concept d'attente. Il relève deux types d'attente, l'attente anxieuse et l'attente croyante. Comme son nom l'indique l'attente anxieuse est l'état dans lequel se trouve le sujet lorsqu'il redoute quelque chose. Freud reconnaît l'influence de celle-ci sur l'évolution de la maladie mais précise qu’elle reste encore à démontrer. L'attente croyante est l'état contraire de l'attente anxieuse et tend vers une guérison du sujet. La guérison miraculeuse est pour Freud une guérison réelle, universelle et inter-temporelle. Cependant, Freud nous donne clairement ici sa position face à une interprétation religieuse de la guérison miraculeuse et émet l'hypothèse que l'attente croyante est plutôt déclenchée par "plusieurs forces pulsionnelle véritablement humaine" : "C'est ainsi qu'il y a des thaumaturges humains aussi bien que divins.". Dans ces forces il intègre "l'envi de surpasser les autres", l'ambition. Les forces pulsionnelles de chaque individu peuvent créer ensemble, une influence considérable sur l'évolution des phénomènes. L’attente croyante est aussi selon Freud un facteur important que le médecin doit prendre en compte dans le suivi du sujet. En effet, les résultats du traitement dépendent de plusieurs facteurs : «l’intensité de l’aspiration du sujet à guérir », « du respect que lui inspire de l’art médical en général » et aussi de l’affection pour le médecin lui-même. Ces influences psychiques peuvent influencer le retrait de la maladie mais de manière incertaine et imprévisible. D’après Freud, c’est le caractère autoritaire de certains malades qui ferait barrière avec un franc succès de ces méthodes, car le sujet déciderait lui-même de sa disponibilité psychique au traitement. De cette conclusion la science va voit apparaître la création de méthode de traitement où « l’état psychique favorable du malade à la guérison lui sera arraché »(p12). Nous reparlerons plus particulièrement de l’une d’entre elle dans la troisième partie de l'exposé. Nous allons maintenant voir comment Freud a complété la nosographie de Pinel grâce à ses observations cliniques et ainsi continuer à approfondir la question de l'influence de l’âme sur corps.

2) Vers une nosographie des névroses

Si Pinel est l’un des premiers aliénistes à produire une nosographie des vésanies, soit une classification des différentes formes de maladies mentales, Freud, en évoquant dans ses articles les différentes névroses auquel il a assisté, en les illustrant à l’aide d’exemples de ses patients, et en tentant de les expliquer se rapproche alors d’une certaine forme de nosographie. Ainsi, il évoque dans un premier temps dans son article « un cas de

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