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L’Ecriture Sainte - Entre Spinoza et Benoit XVI

Par   •  19 Octobre 2018  •  2 707 Mots (11 Pages)  •  143 Vues

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- La Parole a une dimension cosmique: tout est créé par le Logos et pour lui.

- L'Ancien Testament se présente comme l'histoire dans laquelle Dieu communique sa Parole. Cette Parole culmine en Jésus-Christ : elle n'est plus un discours mais une personne.

- La mission de Jésus trouve son accomplissement dans le mystère pascal: nous nous trouvons face au langage de la croix.

- La parole ressuscitée devient lumière définitive sur notre route.

- Jésus Christ est la Parole définitive de Dieu.

- Seul l'Esprit Saint nous donne de comprendre la révélation. On ne peut pas saisir le sens de la Parole si l'Esprit Saint n'est pas accueilli dans le cœur de celui qui lit l'Ecriture.

- Il y a un lien entre Tradition Vivante et Ecriture Sainte dans la mesure où c'est l'Esprit Saint qui assiste l'Eglise dans sa mission. Cette Tradition ne change pas dans sa vérité mais l’Esprit lui donne d'accroître la perception des réalités et des paroles transmises. Il est donc important de former les croyants à entrer dans l'intelligence des Ecritures en lien avec la Tradition Vivante de l'Eglise.

- C'est l'inspiration qui permet d'accueillir un texte fait de paroles humaines comme la parole de Dieu. C’est cette même inspiration qui donne d’entrer dans la vérité des Ecritures.

- Dieu parle aussi à travers son silence comme le montre la croix du Christ. Le silence de Dieu, l'expérience de l'éloignement du Père est une étape décisive dans le parcours terrestre du Fils de Dieu. Il en est de même pour l'homme qui, après avoir écouté la parole de Dieu, doit aussi se mesurer à son silence.

Dieu fait alliance avec l'humanité. Cette alliance exprime la relation entre le Dieu qui appelle par sa Parole et l'homme qui répond. Cette alliance est un don de Dieu à travers lequel Dieu franchit la distance qui nous sépare de lui pour faire de nos ses partenaires. Ainsi cette Parole n'est pas hors des problèmes de l'homme. Bien au contraire, la Parole de Dieu répond aux problèmes que l'homme doit affronter. Le pape rappelle que « la pastorale de l’Eglise doit être attentive à illustrer avec soin comment Dieu écoute les besoins de l’homme et son cri » (n° 23).

Par sa Parole, Dieu nous apprend comment nous pouvons parler avec lui. Dans la Bible, les psaumes en sont une parfaite illustration. Au-delà des mots que l’homme prononce « la réponse propre de l’homme à Dieu qui parle est la foi » (n° 25). La foi n'est pas l'adhésion est une idée mais la rencontre avec une personne, le Christ, qui se révèle à nous par l’Ecriture mais aussi dans l'histoire, dans son Corps qu'est l’Eglise. Tout acte de foi est personnel et ecclésiale. Il va de soi que l'homme peut choisir de ne pas écouter la Parole de Dieu ; c'est le drame du péché. De façon très claire, Benoît XVI mentionne qu'il est important « que les fidèles soient formés à reconnaître la racine du péché dans la non-écoute de la Parole du Seigneur et à accueillir en Jésus, le Verbe de Dieu, le pardon qui nous ouvre au salut » (n° 26). À l'inverse de l'attitude pécheresse de l'homme, Marie se présente à nous comme la femme totalement disponible à la Parole de Dieu.

Le pape développe longuement la question de l’interprétation des Ecritures. Quelle méthode utiliser pour arriver à une interprétation de la Bible aussi fidèle que possible à son caractère à la fois humain et divin ?

L’interprétation de l’Ecriture ne peut se situer que dans la foi ecclésiale. En effet, l'Ecriture a été rédigée dans les communautés animées par la foi et non à partir d'une intuition personnelle. C'est l'Esprit Saint qui rend capable d'interpréter authentiquement les Ecritures. S'appuyant sur Saint Jérôme, Benoît XVI insiste sur l'obligation de ne jamais lire l'Ecriture tout seule car elle a été écrite « par le Peuple de Dieu et pour le Peuple de Dieu, sous l’inspiration de l’Esprit Saint » (n° 30). Il y a donc une dimension ecclésiale à prendre en compte nécessairement dans l'interprétation des Ecritures. Toute approche du texte biblique sans la foi peut suggérer des éléments intéressants mais ne donnera jamais tout le sens du texte. Il y a une relation entre vie spirituelle et interprétation de l'Ecriture, une réciprocité entre vie ecclésiale et interprétation de l'Ecriture.

À partir de là, le pape reprend certaines réflexions sur le rapport entre exégèse et théologie et sur le développement de la recherche publique. Il fait souvent référence au document de la commission biblique pontificale – L’interprétation de la Bible dans l’Eglise (15 avril 1993) – qui analyse chacune des différentes méthodes de recherche, parmi lesquels la méthode historico- critique. Cette méthode cherche à élucider les processus historiques de production des textes bibliques, à l’aide de critères scientifiques aussi objectifs que possible, de façon à rendre accessible au lecteur moderne le sens textes bibliques souvent difficile à saisir et de mieux saisir le contenu de la révélation.

Benoît XVI rappelle les trois critères de base pour tenir compte de la dimension divine de la Bible (n° 34) :

- Interpréter le texte en tenant compte de l’unité de l’ensemble de l’Écriture – on parle aujourd’hui d’exégèse canonique ;

- Tenir compte ensuite de la Tradition vivante de toute l’Eglise,

- Respecter enfin l’analogie de la foi.

En même temps, le pape souligne que la seule méthode historique ne suffit pas. Il faut également tenir compte de la dimension théologique des textes bibliques. Ne pas tenir ensemble la dimension historique et la dimension théologique conduit à trois conséquences que dénonce le pape (n° 35) :

- Ne tenir compte que de la dimension historique a pour conséquence de faire de l'étude de l'Ecriture un texte du passé.

- Ne pas intégrer le niveau théologique conduit à une herméneutique sécularisée. On propose des interprétations qui nient l’historicité des éléments divins.

- On introduit alors un doute sur les mystères fondamentaux du christianisme et leurs valeurs historiques (par exemple : l'institution de l'Eucharistie, la résurrection

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