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Le loup et le chien

Par   •  8 Novembre 2018  •  1 602 Mots (7 Pages)  •  3 Vues

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Ensuite, cette fable divertie le lecteur par sa morale libertaire. Le Loup affamé et maigre et le Chien bien nourri. On s'attend donc à ce que le premier soit attiré par la proposition du Chien, et on y croit jusqu'au vers 32, ou a lieu un revirement de situation : le Loup voit « le col du Chien pelé » et choisit la liberté. Cette morale, certes, est implicite : La Fontaine ne nous dit pas « Choisissez la liberté », mais on sent bien qu'il valorise le choix de l'animal sauvage, qu'il appelle « Cancre, hères, et pauvres diables » et dont il fait un éloge intemporel de liberté, puisqu'il nous dit qu'il « ne voudrais pas même à ce prix un trésor », en utilisant un présent de vérité générale. Il l'oppose ainsi à ceux qui choisissent la facilité. Le lecteur qui s'attend à une leçon de sagesse et de réalisme est ici surpris est aussi amusé, car on a plaisir à voir triompher le rebelle.

Enfin, dernier élément amusant, le public mondain des salons qui lisait ou écoutait les fables de La Fontaine voyait sans aucun doute des intentions moqueuses dans cette histoire de Loup et de Chien. Nous sommes en effet à l'époque de Louis XIV, ou les courtisans cherchent à se faire bien voir à la cour de Versailles. Ces lèches bottes ( le mot « courtisans » est interdit ici ; trouvez une façon de les désigner) sont un sujet de moquerie permanent pour le public des salons, peut-être un peu parce qu'ils en sont jaloux. En tout cas, le Chien est à coup sûr une image des courtisans, qui pourraient prendre comme devise un vers de la fable : « Flatter ceux du logis, à son maître complaire ». Quant au Loup, il représente ceux qui préfèrent leur liberté morale et ne cherchent pas systématiquement à plaire au roi. Son attitude fait d'ailleurs penser à celle de La Fontaine, qui était resté fidèle à Fouquet, son ami disgracié par le roi.

Petite comédie ou La Fontaine fait l'éloge d'un rebelle, qui permet aussi de sourire d'une attitude jugée insensée par les gens qui fréquentent les salons, cette fable est incontestablement amusante.

Cette fable parle de graves questions sociales comme la Servitude et la Liberté.

La servitude : le Chien est attaché et dépendant de son maître pour sa nourriture, son affection et son logis. Il appartient un peu au monde des domestiques, et à celui de la servitude.

Pour son confort matériel, le Chien incarne les gens serviles qui obéissent aveuglement au Roi pour obtenir des faveurs, des récompenses. Le Chien est vaniteux, il a des préjugés. Il est borné, donnant deux conseils au Loup « quittez les bois », « suivez-moi », suivis de leurs conséquences. Le travail du Chien est minimisé par l'énumération de trois verbes à l'infinitif : Donner la chasse, Flatter, Complaire. Flatter à ceux du logis, complaire à son maître. Il insiste sur la nécessaire flatterie dans le travail. Le chien néglige les contraintes liées à la servilité et il insiste trop sur les avantages purement matériels. Il manque de tolérance vis-à-vis des autres modes de vie. Le chien est gêné, il évite de répondre, il minimise. La Fontaine dévalorise le travail du chien.

La liberté : le Loup est libre, il va ou il veut. Il est valorisé par l'emploi de « Maître loup ». Le Loup est diplomate et intelligent, il représente celui qui sait rester lui-même, qui sait conserver son indépendance. Le loup est surpris des conditions de vie du Chien. Détail anormal, il est inquiet et se pose des questions. Le Loup est affligé par le mot « attaché » car pour lui la liberté est un trésor !

Le loup reste fidèle à sa nature et préfère la liberté.

Enfin la morale de cette fable est : Mieux vaux vivre affamé qu'attaché !

La Fontaine laisse deviner sa préférence pour le Loup. Il dénonce les mœurs de son temps, l'attitude des gens qui sont serviles vis-à-vis de leurs maîtres.

Si La Fontaine a certainement amusé on fait sourire ses lecteurs, il a donc aussi attiré leur attention sur les grandes inégalités sociales du règne de Louis XIV, sur la violence potentielle des rapports sociaux et sur l'hypocrisie que cela entraîne. Cette réflexion est amenée de manière implicite dans une fable a priori plaisante. Comme beaucoup d'écrivains de son siècle, La Fontaine donne une portée morale à ses écrits. On le voit, une telle fable peut-être lue par des enfants et leur plaire, mais elle ne sera pleinement comprise que par des adultes.

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