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Le Spleen de Paris de Baudelaire, Le Joujou du pauvre

Par   •  4 Décembre 2017  •  4 458 Mots (18 Pages)  •  218 Vues

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correspondance entre trois éléments > le cadre spatial, l’enfant et le joujou > beauté + richesse. L’apparence, le décor qui les entoure et leurs possessions (le joujou) sont révélateurs de leur classe sociale.

1) Le spectacle de la richesse

Richesse du lieu :

> lieu protégé : « derrière la grille d’un vaste jardin »  espace clôt, propriété privée.

> lieu luxueux : « vaste jardin » (l 14)  grandeur + nature ornementale ; habitation luxueuse « joli château » = adj mélioratif, lieu caractérisé par la beauté + château > représentation cliché de la richesse, renvoi à la noblesse > plus haute classe sociale, démesure.

> espace lumineux : « frappé par le soleil » (l 15), luminosité solaire qui rehausse la « blancheur » pure du château.

Portrait de l’enfant riche :

Beauté : « Enfant beau et frais » (l 16) > écho au « joli » château à la « blancheur » éclatante  beau> « joli » et « frais » > blancheur du teint > « blancheur » de la pierre de taille.

Beauté excessive de la richesse  adverbe d’intensité « si » > « si pleins de coquetterie » (l 17), « si jolis » (l 19).

Luxe des « vêtements de campagne si pleins de coquetterie » (l 16-17) > écho au jardin ornemental > dimension ornementale des vêtements qui ne sont pas seulement utiles mais qui ont une dimension de plaisir esthétique, luxe de la beauté superflue.

Beauté de l’enfant riche qui est liée à son oisiveté: « Le luxe, l’insouciance et le spectacle habituel de la richesse rendent ces enfants-là si jolis » (l 18-19).

>>> « insouciance » > il ne travaille pas vs enfants pauvres.

Le joujou du riche

Beauté et luxe : joujou à l’image de son propriétaire > rapport d’équivalence marqué par la comparaison > « aussi frais que son maître » (l 21) ; « joujou splendide » (l 21) écho à « joli » caractérisant le château et « beau » caractérisant l’enfant, « verni, doré, vêtu d’une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries » (l 22-23) > luxe de l’ornement > cf château + vêtements de campagne.

« Joujou préféré » (l 24)  suppose qu’il en a plusieurs.

Dédain de l’enfant riche vis-à-vis de ce joujou pourtant superbe  étonnement car cela est incohérent. Incohérence marquée par l’emploi de la conjonction de coordination « mais » qui possède une valeur adversative : « Mais l’enfant ne s’occupait pas de son joujou préféré » (l 23-24).

Dédain également visible à travers l’emploi du verbe gésir : « A côté de lui, gisait sur l’herbe un joujou splendide » (l 21) > le verbe donne l’idée d’un objet que l’enfant laisse choir sur le sol sans lui accorder.

Gésir : être étendu, sans pouvoir se mouvoir > cela renvoie à qqch d’inerte vs rat vivant.

L’insistance sur la beauté du joujou associée au dédain de l’enfant pauvre à son égard participent à la création d’un effet d’attente autour de l’objet qui accapare son attention et qui se révèlera n’être qu’un rat.

2) Le spectacle de la misère

La multiplicité des regards : glissement vers le spectacle de la misère par le regard de l’enfant riche : « et voici ce qu’il regardait » (l 24).

Entrelacement des regards car si la vision de l’enfant pauvre est introduite par le regard de l’enfant riche tourné vers lui, la description de l’enfant pauvre se fait à travers le regard du poète-observateur.

Pauvreté du lieu

« sur la route, entre les chardons et les orties » (l 25-26) > mauvaises herbes hostiles > qui piquent, inconfort « entre » > il est placé au milieu, symbole de la dureté des conditions de vie de l’enfant pauvre.

Laideur esthétique et désordre d’une nature sauvage qui s’oppose au château luxueux et à son jardin où la nature a été artistiquement agencée à des fins ornementales.

Route > vie d’errance de l’enfant pauvre, sans domicile propre vs espace clôt du château.

Description très lacunaire du lieu qui est révélateur de sa pauvreté : il se caractérise par le manque > manque de possession > peu de choses à décrire > dénuement.

Portrait de l’enfant pauvre

Enfant pauvre qui s’oppose à l’enfant riche : « sale, chétif, fuligineux » (l26) > insistance sur sa saleté (vs teint « frais » de l’enfant riche) : « sale », « fuligineux » qui vient préciser l’origine de cette saleté > fuligineux : plein de suie. Cela laisse penser que l’enfant est un enfant exerçant le métier de ramoneur. Travail des enfants pauvres vs « insouciance » (l 18) de l’enfant riche.

Pauvreté > absence d’hygiène.

« chétif » > maigreur.

Dénomination dépréciative : « marmots-parias » (l 27) > individu considéré co impur et dont le contact est une souillure, d’où son rejet hors de la société. Rejet symbolisé par sa position > à l’extérieur des barreaux menant au monde de la richesse ; « petit souillon » > être malpropre.

Le joujou du pauvre

Effet d’attente autour de la révélation du jouet de l’enfant pauvre : « voici ce qu’il regardait » (l 24) > on s’attendrait à la description immédiate du jouet mais non > description de l’enfant pauvre puis mention du fait que l’enfant pauvre montrait à l’enfant riche « son propre joujou » (l 33) = affirmation d’une possession. L’évocation de l’attitude fascinée de l’enfant riche à l’égard du jouet du pauvre laisse présager un jouet étonnant puisque le sien était splendide mais qu’il a été délaissé au profit de la contemplation de celui de l’enfant pauvre.

Introduction du joujou du pauvre au moyen d’un tour emphatique : « ce joujou que le petit souillon agaçait, […] c’était un rat vivant ! » (l 35) > mise en valeur de l’objet « rat vivant ».

Reprise

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