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Fiche de lecture : FRIEDMAN, Thomas. Paix des peuples, guerres des nations. Paris, Denoël, 2003, 516 p.

Par   •  23 Septembre 2018  •  1 263 Mots (6 Pages)  •  251 Vues

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ans en arrière. Nous n’avons pas été capable de développer une pratique dynamique parlant aux gens de l’islam de leur propre époque » Azzat Majeed, journaliste pakistanais.

« Comment un terroriste peut-il devenir un héros ? Qu’est devenue la perception du réel dans le monde arabe ? Où sont passées nos élites intellectuelles islamiques ? Nous devrions attaquer ce problème à sa source. L’Enseignement, voilà la clé. » Abdelhamed al-Ansari, directeur de la faculté de droit à l’université du Qatar.

« Le contraire du totalitarisme religieux est une idéologie du pluralisme, une idéologie qui embrasse la diversité des religions et l’idée que ma foi peut-être enrichie sans qu’on la prenne pour la seule vérité. L’Amérique est la Mecque de cette idéologie, et c’est pourquoi elle attise la haine de Ben Laden. » David Hartmann, philosophe spécialisé dans le judaïsme contemporain.

Choix d’un chapitre (une chronique en l’occurrence) : Briser le cercle, 16 novembre 2001, Islamabad (Pakistan).

Cette chronique, publiée le 16 novembre 2001 dans le Times, a été écrite par Thomas Friedman dans la capitale du Pakistan, Islamabad au cours d’un voyage au Moyen-Orient seulement deux mois après les attentats du 11 septembre.

Ce papier écrit par Thomas Friedman résume parfaitement ce qu’a déclenché Ben Laden avec le terrorisme : un débat au sein de l’islam quant à la capacité de s’adapter à la modernité.

Les politiques de nombreux États arabo-musulmans sont constituées autour d’un pacte : le pouvoir aux régimes autocratiques et l’enseignement religieux aux mollahs et aux imams. Mais cet apprentissage de l’islam aux jeunes croyants consistent à leur faire apprendre par cœur les versets du Coran, en appliquant une interprétation traditionnelle (opposition à la modernité, à l’égalité des sexes et au pluralisme). Mais ce système semble arriver à bout de souffle avec notamment la baisse des revenus pétroliers et surtout la forte recherche d’emplois. Dans une vision très occidentale, Friedman pense que la seule solution serait une ouverture sur le monde, Internet en passant par l’émancipation des femmes. Ben Laden, profitant d’un système très favorable, a bien tenté de récupérer le pouvoir mais ce fut un échec qui amena une traque des islamistes extrémistes. Mais en ne tentant aucune réforme du système de l’enseignement, les régimes politiques de ces États ne s’attaquent pas au cœur de la contestation. Voilà, l’explication du titre de cette chronique, un cercle vicieux qui empêche les États arabo-musulmans d’un enfer continu.

Très peu ont osé aborder ce problème dans les pays musulmans mais c’est le cas de Azzat Majeed, écrivain et homme d’affaires pakistanais. Il résume dans une lettre, le fond des pensées de beaucoup d’élites intellectuelles qui refusent de parler sur le sujet : l’Occident n’est pas l’unique responsable, l’enseignement coranique n’est pas en adéquation avec l’époque actuelle ce qui crée un clivage entre l’islam et le monde.

Une citation résume parfaitement cette chronique « La Réforme protestante, mêlant christianisme et modernité, ne se serait jamais imposée sans l’appui et la protection des princes. Mais dans le monde musulman d’aujourd’hui, les princes les plus riches créent des écoles fondamentalistes pendant que les dictateurs salarient les mollahs les plus rétrogrades. Et cela ne fait qu’enrichir le terreau des Ben Laden. » Le changement au sein de l’islam doit passer par les dirigeants politiques des États, qui sont les premiers à financer un enseignement coranique traditionnel et donc à cultiver cette haine de la modernité occidentale et tout ce qui s’oppose à cette interprétation de la religion comme intolérable.

Remarques personnelles : Ce livre m’a permis d’avoir une autre vision de la position du Moyen-Orient par rapport aux questions du terrorisme mais aussi de la haine profonde vouée à l’Occident. Un système éducatif qui pousse à des contestations extrémistes et surtout des élites intellectuelles qui refusent de s’exprimer et de lutter sont à l’origine de ce qu’est aujourd’hui le terrorisme. Mais la position de Thomas Friedman, parfois avec une vision très centrée sur son pays n’est pas toujours objectif sur les positions

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