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Fiche de lecture - Histoire du scoutisme catholique du Père Combeau

Par   •  13 Mai 2018  •  12 130 Mots (49 Pages)  •  155 Vues

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- Le choix pédagogique des éclaireurs. « Le scoutisme que les unitaires des années 1960 à aujourd’hui désigneront couramment comme « le scoutisme de Baden-Powell et du père Sevin » est en réalité celui qui est élaboré dans les années 1930 par plusieurs équipes de chefs parisiens » (Desluc, Guérin, Joubert, Lamoureux qui est aussi JL Foncine). Approfondissent la patrouille, même si seul Desluc a connu le père Sevin : expérimentent librement et sans référence, et précisent ainsi la pédagogie. Alors que BP avait dit « auant que possible, les éclaireurs d’une patrouille doivent être du même âge ». Père Rimaud : écrit des articles très beaux sur la psychologie et la personnalité religieuse de l’ado, le niveau de Chamarande est très élevé. Depuis 1920, on appliquait BP en improvisant un peu ; maintenant, on innove de façon durable en posant des bases solides. L’ENE créée par Desluc est le résultat d’une longue pratique du scoutisme. Eléments nouveaux et déterminants : patrouille d’âges mélangés, vie dans la nature avec idéal et imaginaire, CP autonome et pilier de troupe, classe et badges comme moteurs et non comme récompenses, … → pédagogie unifiée et stabilisée fin années 1930. Mais certaines troupes, par usage, scindent en deux les tranches d’âge. Autre question : l’âge maximal à la troupe (existence de troupes de vieux éclaireurs).

- Le renouvellement des représentations. D’abord le broussard, le colonial, à la BP, c’est le « boiscoute ». Puis Coze transforme le cow-boy en indien. Mais le paganisme de ce modèle dérange dans un mouvement catho, et des figures de colonial demeurent (l’aviateur en nature hostile, l’explorateur solitaire…). Puis vient le mythe chevaleresque. Les Signe de Piste contribuent à diffuser ces modèles. La totémisation fait rester la tradition indienne, car elle est initiatique.

- Les expériences de la route. Pierre Goutet succède à Macédo à la Route : à la fois virile et intellectuelle (modèle esquissé depuis 1932). Mais vocation incertaine : réservoir de chefs ou expérience autonome de scoutisme ? Clivage entre l’ENE et l’ENR : chacun ne connait pas assez l’autre branche. Le routier légendaire, Guy de Larigaudie, est un aventurier qui prolonge le jeu scout (Paris-Saïgon,…). La Route qui se crée avec Goutat et Cruiziat est nouvelle : collaboration avec l’Action Catholique, équipes professionnelles, tentatives d’engagement au sein de la CFTC… Une revue : Départ, fondée par Goutet en 1938, essaie d’y traiter du lien entre foi et politique, de se réapproprie « l’homme social », le chrétien dans la cité. Route = branche la moins structurée.

- Une seconde génération de chefs. Plupart d’entre eux = animateurs de patronage. Génération années 1930 : n’ont connu que le scoutisme, s’entendent à merveille, idéal vif, milieux variés… Réseaux de jeunes couples scouts se mettent en place ; foi fraîche, généreuse, dépouillée, pleins d’espoir, d’idéal. Après les incertitudes (1933-1935), les années d’avant-guerre sont celles d’un nouvel élan : niveau technique excellent, intégration profonde dans l’Eglise, … En 1939, seul un diocèse (Tulle) n’accepte pas les SdF.

- La guerre

Mobilisation de 1939 : ébranle le mouvement et le prive de ses chefs (désorganisation). Mais dès 1940, les troupes fonctionnent à nouveau.

- Scoutisme clandestin, scoutisme officiel. Interdit en zone occupée en 1940 (ordonnance allema nde du 28 août 1940). QG perquisitionné, mis sous scellé le 26 juillet ; mais dès 1941, la plupart des troupes de la zone occupée se reconstituent clandestinement. Hiérarchie clandestine se met en place, augmentation des effectifs (scoutisme = seule échappatoire pour la jeunesse). L’occupant laisse faire, mais ignore que les clandestins sont aussi résistants : Paillerets, Desluc, Bloch-Laîné… Mais réseaux opaques, difficile encore aujourd’hui d’en savoir plus. STO pousse les chefs à prendre le maquis. QG se replie à Vichy, puis à Lyon. Veut maintenir l’unité avec le mouvement clandestin, en zone occupée.

Question du lien avec Pétain : Dary et la plupart du QG entre 1940 et 1942 sont convaincus de la légitimité du régime de Vichy (disparition du système parlementaire, autorité, hiérarchie, fin de la lutte des classes, … favorisent l’adhésion du scoutisme). Des commissaires sont recrutés dans les cadres du régime, certains comme le général Lafont sont favorables au Maréchal. Des départs précoces ont lieu (Goutet en 1940, Dhavernas en 1941), ce n’est qu’en 1942 que le scoutisme s’éloigne de la révolution nationale (avec exceptions : Doncoeur, Jeanneau restent proches de Vichy). Des résistants sont accueillis : Michel Menu, Montjamont… Mais tous les scouts ne sont pas vichystes ou résistants.

- Chevalerie ou croisade ? Modification de la pédagogie éclaireur : la chevalerie est remplacée par la croisade, plus proche de l’Action Catholique → scoutisme plus jeune, ex : Foulard de Sang d’où des efforts pour rapprocher la troupe du clan. Contrastes entre les éclaireurs et la route de Doncoeur, Cruiziat et Chaveyriat : austère, sérieuse, ascétique, adulte…

Libération : le mouvement se réunifie, en août 1944 → défilé de la St Georges, triomphal pour le scoutisme.

- 1945-1956 : à quoi sert le scoutisme ?

Décennie complexe : « les SdF partagent les questions d’une nation appauvrie et incertaine quant à sa vocation ; ils partagent aussi les recherches fiévreuses d’une Eglise qui veut se renouveler en profondeur. »

Deux projets : celui des éclaireurs, celui de la Route.

- Une nouvelle génération au QG. Beaucoup de départs en 1944-1945, d’où nouveautés. Les commissaires qui avaient soutenu Vichy sont priés de s’écarter. Le général Lafont soutient encore Pétain en 1945, il démissionne après un grand scandale en 1948. 1944-1947 : prolongation de la période de la guerre, chez les éclaireurs. L’équipe Route de Doncoeur et Chaveyriat s’efface, Michel Rigal prend la suite. Création d’un commissaire au scoutisme (Henri van Effenterre, ancien CNE clandestin) pour unifier les branches, mais il n’y parvient pas.

- A quoi sert le scoutisme ? question grave et faussée. Article de Mounier dans Esprit, qui invente le mot « scouticisme » pour pointer des excès. Jean Cuisinier et Georges Suffert diront : « L’on veut former des hommes et de bons citoyens. Soit. Mais pour quelle cité ? Servir : mais servir quoi ? » → le modèle social du catholicisme

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