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Le Moyen Âge et les Mérovingiens

Par   •  8 Novembre 2018  •  3 058 Mots (13 Pages)  •  3 Vues

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§2 : Le caractère patrimonial de la royauté

Il y a un autre trait marquant de ce royaume mérovingien : ce royaume est considéré comme la chose du roi. Le roi a les mêmes droits sur le royaume qu'un propriétaire sur son patrimoine privé. Le royaume franc est assimilé à l’origine à un butin par droit de conquête. Le roi est libre d'en disposer à sa guise, d'aliéner les terres et les prérogatives qui s'y rattachent. Cela permet au roi aussi de développer une politique de libéralité et de largesse pour s'attacher l'aristocratie et les grands guerriers (les leudes). Il y a une véritable politique du don royal. Les Romains distinguent droit privé/public, domaine privé/public. Les rois francs mélangent les deux. (Don et contredon : permet d'établir une relation entre individus). Ce caractère patrimonial de la royauté est perceptible en matière de transmission du pouvoir et regarde la succession royale. La monarchie franque s'appuie sur une tradition particulière, qui confère au roi sa force mais qui constitue aussi sa faiblesse : les mérovingiens ont consacré l'hérédité comme principe capital qui leur permet de maintenir le pouvoir dans leur ligné. La succession royale est réglée comme une succession ordinaire selon les termes de la loi salique qui est la loi commune à la loi de tous les francs. À la mort du souverain, le titre royal et le royaume reviennent à ses héritiers mâles à parts égales. La loi salique exclut les filles de la succession et comme les Mérovingiens ignorent le droit d’aînesse, ils pratiquent le partage du royaume. Exemple : en 511, à la mort de Clovis on partage le royaume en 4, chaque fils reçoit une zone d'influence, une capitale, chacun porte le titre mais le titre est partagé. La logique du partage dynastique affaiblit la royauté mérovingienne c'est-à-dire que certains agents de la couronne vont profiter des partages pour eux-mêmes. Il s'agit d'une royauté fragile mais d'une royauté qui peut se développer autour de liens de fidélité, d'homme à homme.

§3 : Le rapprochement avec l'Église et les éléments romains

Cette acculturation entre les cultures barbares, la civilisation romaine et la culture chrétienne est réelle et inévitable. Une poignée de francs (quelques centaines de milliers) domine un pays à majorité gallo-romaine. Les rois mérovingiens pour être légitimés doivent inscrire leur gouvernement dans la continuité de l'empire romain. Les rois francs vont se considérer comme les protecteurs de la romanitas, ils vont se parer du titre de princeps (prince). Ils vont utiliser la titulature impériale pour le prestige qu'elle confère et parce qu'ainsi ils peuvent renforcer leur autorité sur les Gallo-romains. Le christianisme et l'Église présentent l'avantage d'assurer une meilleure cohésion au pouvoir du roi. Les Francs avec Clovis en 496 à Tolbiac vont se convertir au christianisme, ils vont accélérer la fusion des élites en Gaule. Les rois francs utilisent l'Église notamment dans le domaine administratif pour quadriller le territoire et encadrer les populations.

(3 étapes dans l'acculturation : l'intégration, l'assimilation, le syncrétisme)

Section 2 : Les changements institutionnels de l'époque mérovingienne

Les Francs ont logiquement introduit des changements dans les domaines administratif, politique et juridique. Ces changements ont affecté les institutions laïques et ecclésiastiques.

§1 : Le gouvernement central

Il s'incarne dans un palais, le palacium. Ce palais n'est pas d'abord un bâtiment, c’est d'abord l'ensemble des familiers du roi c'est-à-dire les hauts dignitaires, les conseillers, la garde personnelle. Ils sont attachés à la personne du roi par un serment de fidélité. Ils se déplacent toujours avec le roi. Le palais est itinérant, le roi est nomade. Il bouge avec ses dignitaires, son trésor, ses armes. Son nomadisme du roi n'est pas un signe de décadence, c'est une nécessité car les territoires où ils règnent sont vastes. Le roi doit être vu. L'administration centrale est encore domestique, elle n'est pas étatique. Chez les romains, elle est étatique. Le plus haut des dignitaires est le major domus (maire du palais), il surveille l'ensemble des serviteurs du roi, il a la confiance du roi. Ces maires vont prendre le pouvoir du roi au VIIe siècle en profitant de la minorité de certains rois mérovingiens. Le maire du palais a la confiance du pouvoir et va finir par prendre le pouvoir lors de période de minorités. La fonction de maire du palais est héréditaire. Les autres dignitaires soulignent aussi le caractère domestique. Dans ce magma domestique, la chancellerie est l'institution qui va sortir de la domesticité. C'est un héritage de l'administration romaine, lieu où on garde les sceaux. Les institutions centrales de la royauté franque sont donc une synthèse entre l'administration romaine et l'organisation de la chefferie germanique.

§2 : L'administration locale : naissance d'une aristocratie terrienne

Au niveau local, le relais est assuré par le comte (comes) qui est le compagnon du roi. Ce comte doit l'accompagner sur le champ de bataille si c'est nécessaire. Son administration a donc surtout un but militaire. Mais il a aussi un but judiciaire. Il se trouve à la tête d'une circonscription particulière, le pagus (pays) c'est-à-dire l'ancienne cité romaine. Ces comtes sont choisis parmi les Francs ou les Gallo-romains. Ils peuvent percevoir l'impôt et ils jugent seuls. Ils peuvent avoir recours au jugement de Dieu c'est-à-dire à l'ordalie : faire passer à l'accusé une série d'épreuves ou duel. Il y a naissance d'une aristocratie terrienne.

§3 : L'essor des institutions ecclésiastiques

Leur importance augmente à l'époque mérovingienne tandis que l'influence de la papauté recule en Occident.

A. La faiblesse de la papauté

Elle est liée à liée à la chute de l'empire romain d'Occident. Le Pape a pu discuter avec l'empereur romain et faire valeur sa prééminence. Mais l'Église a perdu sa place de religion d'État avec les invasions barbares. Le Pape n'est donc plus

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