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Exposé sur Voltaire

Par   •  5 Novembre 2018  •  1 390 Mots (6 Pages)  •  215 Vues

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Il y a donc un autre problème sur lequel il s’agit de s’arrêter : il y a un dialogue. Lors de l’étude d’un dialogue, il faut s’intéresser à l’équilibre des répliques.

Les répliques deviennent dans cet article de plus en plus longue. Parler, c’est partager et faire circuler les idées, les mettre à l’épreuve les unes aux autres.

Dialogue euristique : c’est le dialogue socratique, philosophique. C’est aussi un dialogue qui n’est jamais mort, et qui est toujours vivant au XVIIIe siècle.

Mais il n’est pas seulement utilisé en fonction de ses vertus philosophiques ou ironiques ; il est peut-être aussi utilisé comme une littérarisation du dictionnaire.

Voltaire détourne le dictionnaire de lui-même, car il en fait une forme réellement différente de lui-même : dans sa forme, l’article empiète sur la dimension poétique, littéraire, théâtrale…

L’effet remarquable qu’il produit est utile : MAIS il s’agit moins de faire réfléchir que de faire rire.

Entre anti-philosophes et philosophes, il y a une bataille. Cette bataille s’illustre par la satire, le pamphlet, l’épigramme.

Ainsi, Médroso n’entend pas ce que lui dit Boldmind : « Il ne tient qu’à vous d’apprendre à penser…. Osez penser par vous-même. »

« L’Homme est né libre et partout il est dans les fers » Rousseau, première phrase du Contrat Social.

L’Etat natif de l’Homme, c’est la liberté ; cette liberté peut être prise, mais personne ne peut la donner.

Voltaire dit alors quelque chose s’éloignant de la pensée des encyclopédistes, Diderot et D’Alembert.

Ils disent qu’il s’agit de définir et diffuser la connaissance pour se libérer de toutes les oppressions ; mais Voltaire ne dit pas exactement cela.

C’est ce qui va le mener à écrire une série d’articles « Questions sur l’Encyclopédie ». Il ne s’agit pas de la combattre ni de la rejeter. Les livres n’instruisent que ceux qui le veulent bien ; ce n’est pas diffuser l’Encyclopédie qui la fera lire.

Pour Voltaire, ceux qui ont lu le dictionnaire portatif pourraient acquérir l’intelligence d’esprit qui pourra ensuite en faire des lecteurs efficaces. Les encyclopédistes ont mit la charrue avant les bœufs pour Voltaire : elle ne peut pas toucher le public qu’il faudrait toucher. C’est Voltaire qui pense à ce public qu’il s’agit de créer et de former. On comprend bien que le Dictionnaire est bien un livre qui forme ses lecteurs.

« captatio benevolentiae » : « captation de la bienveillance ». Il s’agit de capter l’attention bienveillante du lecteur, de le mettre en bonne disposition par rapport au discours qu’il reçoit, de le faire entrer en sympathie avec ce discours.

↪ C’est là que l’ironie voltairienne constitue un élément essentiel. Dès les premières lignes se produit quelque chose.

Quand quelqu’un est moqué, on se place du côté de celui qui moque, et pas de celui qui est moqué : la raillerie est déjà ce qui pousse dans un certain point de vue. Il ne s’agit pas de prétendre à une certaine neutralité. Cela suppose que l’on s’expose, que l’on choisisse son camp ; et on préfère le faire en se positionnant du côté des rieurs.

Le comique et l’ironie ne sont pas du tout des choses en contradiction avec ce que veut écrire Voltaire ; il ne se transforme pas en encyclopédiste mais reste Voltaire. Avant d’écrire pour l’Encyclopédie, il était déjà lu dans l’Europe entière, et était passé maître de l’ironie.

Plus Médroso force les traits de ce qu’il dit, à travers l’hyperbole, plus le lecteur comprend le contraire de ce qu’il dit. Le lecteur ne reçoit ses paroles que comme la preuve de sa bêtise. Ex : « Non mais on peut la réduire à peu de chose… sujets du pape ». Ici, Médroso fait une énumération de pays sans sens.

L’antiphrase devient la clef de l’ironie de Voltaire.

Pirandello : dramaturge du XXe siècle, célèbre notamment pour Six personnages en quête d’auteurs. Il donne une définition de l’ironie : « c’est la preuve du contraire ».

L’ironie, c’est une façon de faire la preuve, une sorte de démonstration, ce qui permet de renverser le sens des choses, la vision du monde et des idées ; l’article en question ici en est un exemple parfait. Le discours de Médroso se retourne, alors même qu’il a commencé en tombant de cheval.

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