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Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Par   •  25 Septembre 2018  •  2 428 Mots (10 Pages)  •  363 Vues

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- Poèmes

Le serpent qui danse

Que j'aime voir, chère indolente,

De ton corps si beau,

Comme une étoffe vacillante,

Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde

Aux âcres parfums,

Mer odorante et vagabonde

Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille

Au vent du matin,

Mon âme rêveuse appareille

Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle

De doux ni d'amer,

Sont deux bijoux froids où se mêle

L'or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,

Belle d'abandon,

On dirait un serpent qui danse

Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse

Ta tête d'enfant

Se balance avec la mollesse

D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge

Comme un fin vaisseau

Qui roule bord sur bord et plonge

Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte

Des glaciers grondants,

Quand l'eau de ta bouche remonte

Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,

Amer et vainqueur,

Un ciel liquide qui parsème

D'étoiles mon cœur !

Analyse

Le poème se trouve dans la partie de Spleen et Idéal. Le spleen est le sentiment d’angoisse dans lequel se trouve l’auteur provoqué par une déception face à l’idéal. Par rapport au titre, le serpent représente la femme (une idée sensuelle). La danse donne le rythme au poème car on peut constater que les vers sont courts et rythmés. Le poème est composé de neuf quatrains de huit et cinq syllabes à rimes croisées (ce qui pourrait avoir une relation avec la religion car le chiffre 9 représente le purgatoire, les enfers dans la Bible). Les rimes d’octosyllabes sont féminines et celles de pentasyllabes sont masculines. Ce poème est certainement dédié à Jeanne Duval, sa maîtresse, qui représente le côté charnel de l’amour.

On retrouve le champ lexical du voyage, de l’exotisme qui nous renvoie à sa rencontre de 1842 avec Jeanne Duval. Rien n’est immobile dès le début du poème, on remarque plusieurs verbes de mouvement qui évoque la femme : danse, balance, se penche, s’allonge, roule, remonte. On voit donc qu’il s’agit plutôt d’un rêve de femme qu’une femme réelle.

Il y a une progression dans la description de la femme en utilisant des parties du corps : la peau (1e strophe), la chevelure (2e strophe), les yeux (3e strophe ), la tête (6e strophe), le corps (7e strophe ), la bouche, les dents et même la salive (8e strophe ).

Strophe 1

Le « que » intensifie la phrase. Le poète emploie le pronom «je» pour faire référence à sa propre personne, il tutoie la femme «ton corps» ce qui indique une intimité certaine. Le verbe « aimer » donne l’idée de désir. Le mot «indolente» signifie : distante, insensible. On remarque une comparaison entre le corps et l’étoffe (tissu) introduite par comme. À la fin de cette strophe qui termine avec une exclamation, on voit ce que veut voir le poète : la peau de la femme.

Strophe 2

Le poète décrit la chevelure de cette femme, les mots « âcres parfums » donnent une notion d’odorat. Présence de la mer qui est personnifié «mer odorante et vagabonde». Elle représente le lointain, puis « les flots » qui donnent l’idée de profondeur. On pourrait dire que le poète navigue sur les cheveux de la femme.

Strophe 3

Le champ lexical de la mer toujours présent « un navire» Il y a aussi une personnification de l’âme et du navire. Le vent représente la pureté et la fraîcheur. Le «ciel lointain » ouvre un nouvel horizon.

Strophe 4

Dans cette strophe, le poète décrit les yeux de la femme. Il y a une antithèse entre « doux» et « amer », qui reprend l’idée de mer. Les «bijoux» font références au précieux, on imagine une référence au serpent. «L’or et le fer», sont aussi des synonymes de froid. Donc, toujours cette idée de froideur qui est présente dans ce poème.

Strophe 5

Dans cette strophe, le poète nous décrit la démarche de la femme. « À te voir » nous indique que c’est l’auteur qui l’observe, puis «marcher en cadence» représente la danse. «L’abandon» reprend l’idée de solitude. Il y a une allusion au paratexte, au titre du poème «un serpent qui danse». Le poète la compare à cet animal. « Au bout d’un bâton » nous montre la distance qui s’impose entre l’humain et le serpent (thème du danger).

Strophe 6

Le «balancement» reprend l’idée de la danse et la «mollesse» celle de la sensualité. Le «jeune éléphant» et la «tête d’enfant» laisse l’impression de jeunesse de la femme.

Strophe 7

Le corps de la femme est à nouveau présent. Le verbe «s’allonger» donne l’idée de sensualité. Il y a une comparaison de la femme avec le vaisseau introduite par« comme » Le «vaisseau» fait allusion à la mer et

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