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Analyse du Nu dans l'atelier de Lilias Torrance Newton

Par   •  6 Mai 2018  •  2 296 Mots (10 Pages)  •  641 Vues

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des couleurs est d’actualité, on retrouve les couleurs de la toile dans un visage, par exemple. Contrairement à l’impressionnisme, on retrouve la présence de noir, entre autres dans le contour de certaines formes (cloisonnisme). Bien que ce ne soit pas vraiment le cas dans le tableau qui fait objet de cette analyse, la touche est également souvent divisée.

Le groupe de Beaver Hall a étudié et s’est inspiré de l’oeuvre de Cézanne. Par conséquent, on retrouve nombre de ses caractéristiques dans les travaux du groupe. Par exemple, le travail de la lumière dans les tableaux, ou encore l’exploration de la pigmentation dans les teintes de peaux (le Beaver Hall ne va pas aussi loin dans le synthétisme des couleurs que Madame Cézanne à la jupe rayée, de Cézanne, mais on en voit l’inspiration.) Il arrive également que les couleurs soient plus subjectives que réelles.

Caractéristiques iconographiques du courant:

Les thèmes sont surtout des scènes de la vie quotidienne, bien que le groupe de Beaver Hall retrouve aussi des portraits et des paysages. On retrouve donc dans le cas de ce groupe des scènes de rue (comme Sainte-Catherine), le port de Montréal… Sont donc représentées des scènes dépeignant particulièrement l’urbanisation de Montréal, bien qu’on ne laisse pas de côté les paysages campagnards et les portraits.

AUTEURS

Musée des Beaux-Arts (sous la direction de Jacques Des Rocher et Brian Foss) - Une modrenité des années 1920 à Montréal : le groupe de beaver Hall

Iconographique

Nombreux sont les nus du Beaver Hall (dont Le nu dans l’atelier) correspondant aux nouveaux critères de beauté féminine définis dans les années 1930 ; un corps mince musclé et bronzé, en lien avec les nouvelles activités de la femme. “La femme moderne danse, fume, boit, mais elle va aussi à la plage [bonzée] et aux sports d’hiver [typiquement québécois]”. Les magazines publient la nouvelle image de la femme, incitant cette dernière à acquérir cet aspect par le sport.

Si au XIXe siècle les corsets et les faux-culs accentuaient les rondeurs où il fallait et la minceur également, le nu de Lilias Torrance Newton (et plusieurs autres) va entrer en rupture avec ce qu’on appelle le nu académique. Le corps est mince mais musclé et ferme, le poil pubien est apparent, le maquillage est visible et coquet, un vernis rouge recouvre les ongles des mains et même des pieds, sans parler des sandales à talons dont les lanières, font remarquer les auteurs, rappellent le motif art déco du tissu posé sur le fauteuil. On y voit donc à l’époque un déshabillé plutôt qu’un nu, ce qui fut très mal accueilli par la critique. Le musée aurait même reçu des lettres de plaintes considérant le portrait comme de la pornographie.

Derrière le modèle, on retrouve un portrait du compositeur russe Andrei Illiashenko, une autoréférencialité de la part de Torrance Newton, qui aurait disparu il y a plusieurs années d’après l’artiste elle-même.

Formelle

Les volumes des visages sont exprimés par une touche qui différencie visiblement les couleurs. Une sorte de modelage des volumes au moyen de teintes diverses.

Esther Trépanier - Femmes artistes du XXe siècle

Formelle

Dans le cas de ce livre (dirigé par Esther Trépanier que nous considérerons comme auteure pour alléger la lecture), le groupe de Beaver Hall est dit similaire au Groupe des Sept dans certaines de ses composantes formelles. Ainsi l’ouverture au synthétisme (terme parfois associé au cloisonnisme, c’est-à-dire les fines lignes noires qui entoure le sujet, y compris dans Le nu dans l’atelier autour du corps et du fauteuil par endroit d’ombres) et aux couleurs vives se retrouve dans les deux groupe. Les membres du Beaver Hall portent la même attention à l’unité de la surface picturale (et autres aspect formels) que Cézanne, qui a été d’ailleurs une grande source d’inspiration pour le groupe. De plus en plus nombreux sont les membres qui dirigent leurs sujets vers la modernité en peignant la ville et ses habitants.

Lilias Torrance Newton est dite maître par l’auteure dans les correspondances entre le fond et la forme. Le visage et le corps du modèle sont dits comme ayant une structure géométrique propre au travail de l’artiste. La perspective linéaire n’est évidemment pas présente, explique l’auteure (le cadre de la porte semble drôlement désaxé et ne correspond à l’angle du coin des murs qu’on aperçoit en haut, presque complètement caché par l’autre tableau et par le modèle. Il y a cependant une perspective par étagement d’après Trépanier, entre le modèle, le fauteuil et le mur. Elle mentionne également l’équilibre des couleurs sur toutes les surfaces (par exemple, le bleu du tableau qui semble se diffuser dans le haut du mur tout comme le rose du fauteuil à l’opposé dans le bas), le dialogue entre les couleurs du fond et celles du modèle (qu’on retrouve dans le cloisonnisme aux teintes semblables que ce soit le nu ou les objets alentours, ainsi que la peau du modèle qui semble teintée par endroits de ce qui l’entoure), ce qui amène à penser à Cézanne, inspiration du groupe de Beaver Hall, et ses proportions plastiques, bien que, précise-t-elle, ce soit évidemment plus réaliste.

Patrizia Gentile et Jane Nicholas : Contesting Bodies and Nation in Canadian History

Iconologique:

Patrizia Gentile et Jane Nicholas ont une approche particulièrement iconologique. Il est en fait question du scandale qui a reçu le tableau du “Nu dans l’atelier”, allant jusqu’à le faire retirer de l’exposition dont il était sensé faire partie à la base, en 1933. En résumé, le sujet, sensé comme l’indique le titre représenter un nu, représentait d’après les critiques un “déshabillé” (en anglais “naked”, plutôt que “nude”). En effet, la présence de sandales vertes l’empêchait d’être le nu académique classique. Les cheveux courts, le lourd maquillage ainsi que les ongles vernis (des mains comme des pieds), situent le modèle dans le style des années 30, ce qui n’est pas commun aux modèles académiques. De plus son expression faciale, son tonus, son bronzage et même sa pose, presqu’agressive d’après les auteures, ne conviennent pas aux critères de l’époque. Tous ces détails qui placent le modèle dans une époque contemporaine

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