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Exemple de dossier pour le bac option theatre

Par   •  8 Mai 2018  •  6 163 Mots (25 Pages)  •  281 Vues

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Tous prennent une utilisation détournée : dans une partie de la pièce, des tuyaux en cuivre sont accrochés en l’air et gravitent dans l’espace. Les acteurs commencent par taper dessus, rappelant les carillons à vent en métal qui font un bruit cristallin en s’entrechoquant : les tubes de métal sont alors source de musique. Puis, l’actrice monte sur les tuyaux, apprivoisant le décor pour faire des figures de plus en plus acrobatiques. Ils prennent une fonction de trapèze, très loin de l’utilisation normale qu’on fait de tuyaux. L’actrice fait corps avec le décor, comme si chaque objet était lui aussi acteur de la pièce, interagissant avec la jeune actrice.

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Tout au long de la pièce, très peu de mots sont prononcés : l’utilisation des objets semblent les remplacés et les illustrés de manière abstraite. Dans l’un des tableaux, une vrille géante, telle une vis gigantesque, après avoir été utilisée comme échelle, devient une antenne radio qui retransmet des paroles du texte de la jeune femme autiste mais le son se brouille et la vrille émet un bruit strident. Cette dernière fait penser de manière imagière à un clou lacérant le crâne de l’auteur, donnant la migraine. Elle peut aussi, selon moi, illustrée une phrase d’Algorithme éponyme : « La tête comme un ressort sans verrou […]. Tout indicateur décodeur unilatéral brouille l’axe central, surfant sur mon système nerveux ».

Dans un autre passage de la pièce (l’un des rares ou des phrases du livre de Babouillec sont citées), l’un des acteurs souhaitant s’exprimer, prend un micro et commence à prononcé des phrases du texte. Néanmoins, ce dernier ne fonctionne pas correctement et, à chaque début de discours, s’éteint. L’acteur, après plusieurs tentatives vaines de prendre la parole donnant un aspect comique à la scène (comique de gestes de la part de l’acteur mais aussi de situation), finit par créé accidentellement une panne de courant. La salle est plongée dans le noir. Un autre acteur arrive, lampe frontale à l’appui pour faire revenir le courant électrique. Il tire du cotés de la scène un bloc de fils électriques entremêlés et, à force de chercher de plus en plus loin au cœur des fils, finit par être totalement engloutis. Cette scène, en plus de sont aspect comique fais écho au texte de Babouilec de part son sens caché. Elle peut représenter la difficultés d’expression d’une personne autiste mais aussi une critique de notre société actuelle, toujours plus centrée sur le progrès, sur une volonté de développement technologique accrue, parfois au détriment du développement ou des droits humains, ou encore de l’unicité troqué par la conformité et les normes. L’image de l’Homme engloutis par la machine porte réfléchir, tout comme les écrits de la jeune femme (« Et nous les faiseurs du monde dans ce dédale arbitraire, sommes-nous libres, amicalement reliés, ignorants des autres ou dans la file d’attente des cerveaux débranchés ? »)

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En conclusion, ce spectacle semble être une percée dans le cerveau de Babouillec. Pierre Meunier nous propose ici le fruit de sa rencontre avec les mots poétiques de la jeune femme et son ressenti personnel et abstrait. Les difficultés d’expression que peuvent rencontrer une personne autiste sont ici remplacées par des images abstraites et imagées des mots et des phrases si dure à exprimer. Dans ce spectacle, le décor a un rôle central ; les gestes et l’environnement matériel ont plus d’importance que l’aspect textuel. Forbidden di sporgersi ne serait rien sans son décor. Chaque élément prend une place et un sens qui lui est propre. Les objets font corps avec les acteurs, le devenant eux-mêmes. Leurs utilisations, inhabituels et diverses leur donne un aspect poétique intéressant.

Après avoir lu des extraits d’Algorithme éponyme, j’en avais apprécié la manière d’écrire critique, engagé et singulière de Babouillec. Ce spectacle m’a permis de voir le texte sous un nouvel angle. J’ai apprécié l’originalité de cette pièce bien qu’étonnée de l’interprétation faite du livre de Babouillec dont elle était inspiré, m’attendant à retrouver une mise en scène et une pièce plus ou moins fidèle au texte.

Je te regarde

Adaptation franco-allemande du livre d’Alexandra Badea, la pièce nous plonge dans un monde virtuel, régit par les machines et les réseaux sociaux à travers l’histoire de quatre personnages emprisonnés par leur quotidien, vivant seulement à travers leurs écrans : caméras, smartphones, ordinateurs… Ils incarnent tour à tour les dérives d’un système où l’Homme a de moins en moins de place.

Le premier est employé dans une grande multinationale et travaille avec robots et ordinateurs. Aspiré par un rythme de vie de plus en plus en rapide, par un travail prenant et une vie stressante, il va tomber sous le charme d’une jeune femme, habitant à l’autre bout du monde, avec qui il communique seulement par chat. On partage sa peur d’un premier contact visuel, puis, son tiraillement vis-à-vis d’une rencontre réelle. On le voit espionner la jeune femme par webcams, à son insu.

Il finit par lui donner rendez-vous dans un hôtel aéroport, entre deux avions, où ils vont partager une nuit avant de repartir chacun de leur coté, déçus et incapables de communiquer autrement que virtuellement.

La deuxième est une surveillante pénitentiaire observant des détenus au quotidien, à travers des caméras de surveillance et des systèmes informatisés. Elle tombe amoureuse de l’un d’entre eux. Commence alors une surveillance maladive et une dépendance aux écrans pour suivre ses moindres gestes. Elle communique avec lui à travers les systèmes du centre pénitentiaire, sans jamais avoir un contact direct. La jeune femme tombe dans un amour illusoire, manipulé par le détenu et aveuglée par ses propres fantasmes. Rongée par la solitude, elle s’invente une relation amoureuse chimérique à travers les écrans des caméras. La réalité va ressurgir, cruelle, lorsque le détenu va la « tromper » avec sa femme, lors d’une visite au parloir. Ses rêves de fausses intimités derrière des images de surveillance vont s’effondrer et, poussée par la jalousie et le ressentiment, elle va tout mettre en œuvre pour séparer les deux mariés et se venger d’une trahison qui n’en était en réalité pas une. Elle lui rend la vie difficile et le fait transférer vers une

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