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Crise de la démocratie

Par   •  3 Décembre 2017  •  2 378 Mots (10 Pages)  •  174 Vues

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ce processus.

En effet elle amène une médiatisation des campagnes et une personnalisation de la vie politique.

Lors de leurs apparitions à la télévision, qui impose des formats court, chaque candidat cherche donc à se distinguer, dans le temps imparti.

C’est pourquoi ils multiplient les déclarations choques par exemple.

La forme est privilégiée sur le fond.

Les gouvernés élisent donc les représentants sur la base d’images, on assiste donc à une non-coïncidence entre l’opinion publique et l’expression électorale.

Dans cette démocratie les négociations ont lieu entre le gouvernement et les groupes d’intérêts.

Les discussions entre candidats et électeurs sont largement limitées.

II/ La remise en question du rôle des élites, amène à une crise de la démocratie

A) La professionnalisation et la technicisation de l’activité des élites se fait au détriment du peuple, qui sombre dans l’aphasie politique

Dès les années 1990, c’est le début de la crise des partis politiques et de la représentation qu’on observe également dans la plupart des pays occidentaux.

La professionnalisation et la personnalisation du personnel politique n’a fait qu’aggraver cette crise creusant ainsi un écart encore plus important entre gouvernants et gouvernés.

Cette crise politique est due à la transformation des régimes représentatifs qui finit par aboutir par une démocratie du public, comme vu précédemment.

Le régime représentatif s’est transformé en un régime d’élite qui tend à dominer la scène publique.

Il s’est installé une «  aristocratie sociale » qui ne représente plus les électeurs et la société.

L’égalité est quasiment inexistante quant au fait de pouvoir être élu ; certains gouvernés ont aujourd’hui le sentiment d’être marginalisés du débat public car la probabilité d’être élu en n’étant pas connu et ne faisant pas partie des classes supérieures est infime.

De plus ne se sentant plus représenté ils ne perçoivent plus l’intérêt du vote, car ce-dernier n’y changera rien.

C’est pourquoi les taux d’abstention sont généralement très haut.

Le pouvoir politique est donc accaparé par une technocratie qui délaisse les citoyens.

Ces derniers étant écartés des centres de pouvoir décisionnels, ne se sentent plus concernés et la délaissent alors.

Cette apolitisation des citoyens a une conséquence grave, en effet elle renforce logiquement la légitimité des élites, qui peuvent alors se placer comme seules capables de gouverner, car elles disposent du savoir et des compétences nécessaires.

Habermas prolonge cette théorie, en effet pour lui il faut trouver une réponse à la question de la légitimité politique, qui ne peut plus se fonder sur les principes traditionnels à l’heure de l’émergence des démocraties contemporaines.

C’est ainsi que les sociétés modernes ont contribué à faire de la technique et de la science un principe légitimation de la domination politique.

Cette dépolitisation se concrétise sous la forme de l’abstention : les gens ne vont pas voter parce qu’ils savent que leur vote n’aura pas d’incidence sur ce que les techniciens posent comme des nécessités et des questions purement scientifiques afin de les soustraire au débat public.

B) Le populisme, symptôme du malaise entre le peuple et ses élites

Pour protester contre, et dénoncer le rôle des élites dans nos démocraties, certains électeurs choisissent de se tourner vers les mouvements populistes, comme le prouve la montée du FN en France, de l’arrivée au second tour de l’extrême droite autrichienne avec son candidat Norbert Hofer aux élections présidentielles autrichienne par exemple.

Ne se sentant plus représentés, et abandonnés par les élites politiques, de plus en plus d’électeurs se tournent vers ces mouvements.

Les récentes montées des mouvements populistes en Europe et aux États-Unis, montrent bien que nos systèmes démocratiques contemporains traversent une véritable crise.

Pour les "populistes", la démocratie représentative fonctionne mal et ne tient pas ses promesses.

Ce mouvement politique se réfère au peuple pour l’opposer à l’élite des gouvernants, au grand capital, aux privilégiés accusés de trahir égoïstement les intérêts du plus grand nombre.

Prônant une démocratie plus directe, ils ont donc pour objectif de "rendre le pouvoir au peuple", et font « appel à la nation ».

Ce courant politique en faisant en mettant la nation au centre, risque d’engendrer un sentiment xénophobe, voir raciste, qui finissent eux-mêmes par exacerber les réflexes sécuritaires.

Ce courant politique peut s’avérer même être dans certains cas un danger pour la démocratie, car les populistes peuvent ainsi remettre en question les formes habituelles de la démocratie au profit d’un autoritarisme.

C) De nouvelles formes de démocraties qui permettent de ré-appréhender le rôle des élites

Rosanvallon part du constat que la démocratie contemporaine fait l’objet d’une désillusion, d’un diagnostic négatif.

Face aux critiques récurrentes dénonçant le citoyen passif des sociétés de masse, il conçoit qu’il existe une désaffection électorale.

Cependant il soutient qu’elle s’est accompagnée d’un accroissement de la participation non institutionnelle.

Il qualifie cette activité de « contre-démocratique » : ce n’est pas le contraire de la démocratie, mais une forme de pouvoir non institutionnel et indirect.

Cette défiance aboutit donc à diverses pratiques, qui constituent à la fois un pouvoir de surveillance (engagements militants ciblés, c’est le « peuple-surveillant »), un pouvoir de sanction (montée du vote sanction et usage de la manifestation, c’est le « peuple-véto »), et un pouvoir de

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