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Dissertation Hobbes - Le Léviathan

Par   •  1 Décembre 2017  •  2 057 Mots (9 Pages)  •  68 Vues

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II. L’état et la religion

Thomas Hobbes conçoit l’Etat comme détenant un pouvoir absolu (I), il pense le rapport entre le temporel et le spirituel, mais puisque le pouvoir souverain est indivisible, il est nécessaire que la république soit chrétienne et unifiée et que la religion soit mise au service du souverain. (II)

A. Le pouvoir absolu de L’Etat

L’Etat est un être fort, Hobbes le qualifie de « grand Léviathan » dont le nom est tiré d’un redoutable monstre biblique. Par ce « Dieu mortel », Hobbes tirera une conception de l’Etat jugée d’extrême à l’époque et dont la théorie est assez singulière. Le Léviathan fait la loi, juridique et morale. Hobbes utilisera dans la forme des formules absolutistes récurrentes mais il ira au delà de ça puisque ni les publicistes médiévaux ni Jean Bodin ne pensaient à la loi morale.

Hobbes critique Sir Edward Coke qui pense que la loi prend de l’importance lorsque ce qui la constitue découle d’une longue jurisprudence : selon lui, l’importance de la loi réside dans son exécution, qu’importe les hypothétiques discussions du parlement. Le pouvoir du souverain est illimité : il n’y a ni droit ni morale au dessus de lui, et c’est à lui de les définir selon sa volonté. Son pouvoir n’a pas de limite puisqu’il est également le seul qui en possède dans l’Etat et sa souveraineté est indivisible. Le problème en Angleterre réside principalement dans le fait qu’il a été pensé que le pouvoir souverain pouvait être partagé entre le roi, les lords, et la Chambre des Communes. Personne ne peut remettre en question la décision ou le pouvoir du souverain, puisque c’est le peuple qui a contracté en vue de reconnaitre son pouvoir.

Le souverain juge ce qui est nécessaire pour la paix et doit défendre ses sujets mais selon l’expression de sa volonté. Ainsi les députés ne représentent pas le peuple mais sont les simples mandataires du souverain. Les « démocrates » du temps de Hobbes qui en reprenant les formules médiévales affirment que « Les rois sont plus grands que les individus mais plus petits que les citoyens pris en corps » (singulis majores universis minores) ont pour réponse de sa part qu’ils émettent des absurdités car les rois sont le corps. Le souverain édicte les règles et institue la propriété de chacun, mais n’édicte pas des lois civiles qui seraient contraires aux droits fondamentaux. Mais en définitive, le roi est tout et peut tout et l’importance des sujets dans les décisions est minimisée. Hobbes admet que c’est une situation misérable pour les sujets mais il compare cette situation aux guerres civiles : alors, les « fardeaux » imposés par le souverain ne sont là que pour éviter des fardeaux bien plus lourds si le souverain n’existait pas.

B. La République chrétienne

La République doit être simultanément une république chrétienne. La religion doit être en expansion fusionnel avec la communauté politique ce qui permettrait de trouver une solution au problème que pose la division des hommes. Ainsi Hobbes souhaite mettre un terme à la distinction du temporel et du spirituel. Puisque le pouvoir souverain est indivisible, il est nécessaire que la république soit chrétienne et unifiée.

En suivant le raisonnement d’Hobbes, puisque les hommes autorisent une personne ou une assemblée à les représenter alors il faut étendre le champ civil au champ religieux et admettre le souverain en tant que « pasteur ». Le souverain utilise la religion comme facteur d’ordre pour unifier le corps politique sachant que l’Homme est un animal politique. Pour qu’une république soit réellement chrétienne il est nécessaire d’y trouver un minimum de croyance. Puisque c’est le souverain qui fait la loi, selon Hobbes, la seule chose que doit faire le souverain c’est de croire au Christ : cela constitue un important argument d’autorité et un moyen de répandre cette croyance . Ainsi, Hobbes écrit que « L’hérésie n’est rien d’autre qu’une opinion privée, soutenue avec obstination, et contraire à l’opinion de la personne publique ».

Pour qu’une communauté politique ne soit pas friable, elle a besoin de sa rationalité mais aussi d’une croyance unique. Il est cependant nécessaire de conjoindre l’obéissance au souverain avec la conscience de chacun, sans quelle celle ci soit niée. La religion est soumise à l’Etat dans cette question car il n’est pas question qu’une puissance entre en concurrence avec celle de l’Etat. Donc lorsque la religion peut avoir un effet extérieur ou influencer sur le comportement des sujets, il est nécessaire que le souverain exerce un contrôle : le culte, les catéchismes, le gouvernement des Eglises et l’entrée dans les ordres doivent être impérativement approuvés par l’Etat.

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