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Dissertation sur l'Homme et la Machine

Par   •  29 Août 2017  •  2 923 Mots (12 Pages)  •  378 Vues

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Cependant cette thèse matérialiste s’expose à une aporie, celle de la perception sensible, des qualia. En effet «pourquoi voyons nous bleu et rouge alors que dans la nature il n’y a ni bleu ni rouge, mais simplement des longueurs d’ondes électromagnétiques de tant d’angströms. » La théorie matérialiste ne peut pas résoudre ce problème des qualités sensibles et le dualiste Descartes se trompe en disant que« l’on peut fort bien comparer les nerfs de la machine que je vous décris ( le corps), aux tuyaux des machines de ces fontaines ; ses muscles et ses tendons, aux autres divers engins et ressorts qui servent à les mouvoir ; ses esprits animaux, à l’eau qui les remue, dont le cœur est la source, et les concavités du cerveau sont les regards » (De l’homme : AT XI, 130), car même si la structure du corps humain ressemble à la structure mécanique d’une machine, comparant chaque organe du corps à une pièce d’une machine permettant que le tout fonctionne, l’Homme tire une fois de plus sa différence de sa perception des choses, il peut ressentir de la honte, de la gêne, de la tristesse, du désespoir et tant d’autre émotions complexes. Tout ceci, la machine ne l’aura jamais. Le corps tombe malade comme il vieillit, la machine, elle, tombe en panne et s’use avec le temps, dans les deux cas nous avons cette idée de défectuosité qui empêche un fonctionnement normal. Dans les deux cas il est aussi nécessaire de procéder à une réparation, par exemple remplacer une pièce d’une machine comme on ferait une greffe d’organe sur un humain pour remplacer celui défectueux. L’usure ou le vieillissement peuvent être la cause d’une panne ou d’une maladie. Une pièce neuve peut-être défectueuse comme un nouveau-né peut-être atteint d’une maladie congénitale. Enfin dans les deux cas on opposera, pour la machine, la panne à la marche et pour l’homme la maladie à la santé. Ces analogies peuvent nous démontrer que ces deux événements étaient strictement de même nature. Par ailleurs, on emploie aussi des métaphores médicales à propos des pannes informatiques, on parle de virus, certains de ces virus sont appelés "tumeurs" etc. Du reste, ces points communs révèlent des différences radicales qui montrent que les phénomènes tels que la maladie et la panne ou la vieillesse et l’usure ne sont pas identiques. D’une part, la panne d’une machine provoque un arrêt complet, ce qui n'est pas le cas d'un organisme malade, la maladie ne provoque pas la mort. Une maladie incurable ne signifie pas la mort pour autant et, de ce fait, la maladie n'est pas la perte complète de la santé. La panne, en revanche, peut aboutir à l'arrêt complet de la machine. D’autre part, la machine en panne ne peut plus remplir la tâche pour laquelle elle a été conçue. L'organisme malade remplit encore la sienne qui est de vivre. Enfin une maladie peut toucher l'esprit à l’instar d’une déficience mentale. Alors que la panne est toujours un défaut matériel. Partant, il y a bien une différence de nature entre la panne et la maladie tant il est vrai qu'il y a une différence de nature entre l'état de fonctionnement et l'état de santé, " Il n'y a pas de pathologie mécanique. » dit Canguilhem. Le corps de l'Homme, fonctionne en grande partie de façon inconsciente comme l’homéostasie qui maintient le corps à une température d’environ 37 degrés, qui permet au cœur, aux vaisseaux, à la pression sanguine et à la circulation du sang de fonctionner normalement de manière permanente sans que nous ayons à contrôler cela. Il ne dépend pas d’une source externe pour se réguler, il le fait de lui-même. La machine quant à elle nécessite une source d’énergie extérieure, pour qu’elle s’alimente, elle ne bénéficie pas d’une homéostasie, caractéristique essentielle du vivant, comme l’humain. Elle ne s’adapte pas non plus à un milieu extérieur, elle est inerte face au monde qui l’entoure. L’Homme lui s’adapte et son corps se régule en fonction du climat et des conditions extérieures. De surcroît, il y a une différence évidente, mais de taille, entre la machine et l’Homme : le sexe. En effet les organes reproducteurs qui caractérisent le vivant n’apparaissent pas chez la machine. Elle est asexuée, ne pouvant pas se reproduire, n’étant pas elle-même le fruit d’une procréation, elle ne fait donc pas partit du domaine du vivant.

Ainsi, nous avons prouvé que la machine n’était pas un organisme vivant, un corps. Elle ne perçoit pas, ne ressent rien, ne se confronte pas au vieillissement ni à la maladie, elle ne possède pas d’homéostasie et enfin elle est asexuée. Toutefois cela ne règle pas tout. De par les raisonnements que la machine effectue, il est légitime que nous nous demandions si la machine, à l’instar de l’homme, pense, cherche à faire sens, est dotée d’une intelligence ?

III)

La machine peut-elle être dotée d’intelligence ?

La machine produit tout comme l’homme des raisonnements et possède une mémoire. A partir de quelques données basiques, les machines peuvent élaborer des raisonnements complexes, elles résolvent des opérations, équations, de façon logique est extrêmement rapide. Les progrès sont tels qu’en 1997 le champion du monde d’échecs, Garry Kasparov, essuya une lourde défaite contre Deep Blue l'ordinateur d'IBM, comme si l'ordinateur était devenu plus intelligent que son concepteur humain. La mémoire est aussi un domaine dans lequel la machine nous domine. Nous pouvons dans un téléphone ou dans une simple clé USB, stocker une mémoire colossale. Or peut-on à partir de là lui attribuer une intelligence ?

« La mémoire est la sentinelle de l’esprit » disait Shakespeare. La mémoire humaine et artificielle sont deux choses très différentes. La mémoire artificielle, ou inscrite, est infaillible car chaque information est gravée et ne peut disparaitre, ce sont les transistors qui permettent si oui ou non il fait passer du courant pour accéder a l’information. De plus, ces informations peuvent être copiées à l’identique sur d’autres supports comme la clé USB. Elles ne changent pas, et peuvent être effacées définitivement et de façon immédiate. Le cerveau, lui, ne peut pas mémoriser chaque information car il n’en n’a pas la capacité. Pour conserver des souvenirs, il peut associer différentes choses entre elles ; un objet, un fait, une action qui aurait un lien avec un autre objet, un sentiment ou une sensation. La mémorisation se jouerait au niveau des synapses qui se modifieraient et produiraient plus ou moins de neurotransmetteurs

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