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Commentaire composé d’un extrait de l’Assommoir de Zola

Par   •  6 Octobre 2017  •  979 Mots (4 Pages)  •  138 Vues

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Deux personnes incarnent le terme, selon une gradation, le père Boche et sa quittance puis Monsieur Marescot. Ce messager de la mort, une représentation charnelle du malheur, est assimilé par la métaphore « grandes pattes » à une espèce de vautour : « pour payer le terme, ils auraient vendu de leur chair ».

Dans ce contexte, le « drap blanc » impose l'image d’un linge, plus précisément, du linceul. Il s'agit donc d'une mort morale et les références aux « lamentations » et à « la musique du malheur » rappellent un enterrement.

Si la scène est vue par l'intermédiaire d'un narrateur omniscient, le point de vue adopté est aussi par glissement progressif celui des Coupeau. Quatre tableaux sont proposés. Les deux premiers proposent une vision centrée sur le poêle. La phrase « Le premier hiver…que de manger » présente la première scène, l'élément le plus descriptif est le participe présent « se pelotonnant ». Le narrateur montre ainsi les personnages repliés sur eux-mêmes autour de la source de chaleur. Dans la deuxième section du tableau les Coupeaux ont disparu, seul reste le poêle (qui accède par la personnification au statut de personnage). On peut envisager une focalisation interne, l'objet étant vu à travers le regard de Gervaise. La troisième scène est celle de la venue du propriétaire, un drame vécu, sans conteste, de l'intérieur. En effet, la phrase nominale qui exprime douleur et désespoir, le langage populaire (« pas un radis »), la syntaxe relâchée (le pronom démonstratif « ça » qui redouble le sujet) sont autant d'indices. Le propriétaire est vu comme un bourgeois à l'abri du malheur et indifférent aux malheurs des autres, un étranger par son aisance, son opulence : « bon paletot [...] fourrées [...] gants de laine ». Cette scène terrifiante est doublée (« pendant que la neige tombait dehors ») par l'évocation en contraste d'un sinistre paysage urbain enneigé. Le quatrième et dernier volet, offre un plan plus général, celui de la maison ouvrière, d'où s'échappe une immense plainte, l'image d'une misère omniprésente : « à tous les étages... le long de l’escalier et des corridors ».

Ainsi cet extrait de L'Assommoir composé de séquences, donc de scènes simplificatrices, donne à voir la misère du peuple à l'aide de nombreux procédés qui amplifient le pathétisme. C'est bien le tableau d’un peuple martyre que propose Zola. Le récit est avant tout la dénonciation des souffrances des humbles.

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