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Dissertation citation Hartung

Par   •  8 Décembre 2017  •  1 649 Mots (7 Pages)  •  488 Vues

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la pointe du progrès; pourtant ce sont dans ces pays que l’on rencontre les taux de suicide les plus élevés: où est le progrès ? Le progrès apparaît donc comme une illusion car il ne peut qu’être la traduction d’une réalité quantitative et matérielle d’une société mais échoue à rendre compte de la qualité de la vie, du bonheur. C’est pourquoi l’homme "économique" plus que tout autre homme est victime de cette illusion. L’homme d’église, le philosophe ou l’intellectuel ne sont pas prisonniers des chiffres et d’une logique qui empêchent une réflexion à long terme, une prise de distance par rapport aux faits, par rapport à ce qui, en apparence, apparaît comme le plus important. Les outils sont beaucoup plus souples et mieux à même de contourner cette illusion, cette croyance aveugle dans le progrès

Si l’homme a besoin d’idéaux, il doit d’abord satisfaire un certain nombre de besoins fondamentaux: manger, dormir, se déplacer, entretenir sa famille. Pour cela il lui faut de l’argent. Mis à part quelques sociétés vivant en autarcie et basées sur l’autosubsistance, le reste de l’humanité se voit contraint de travailler pour obtenir l’argent nécessaire à la satisfaction de ses besoins fondamentaux. Fournir du travail aux gens est donc un des buts principaux que la société se fixe; pour l’atteindre, elle fait appel à l’économie ( au sens large du terme ). Cette dernière se voit attribuer un rôle spécifique qu’elle va s’efforcer de remplir le mieux possible. Une économie efficace procure du travail au plus grand nombre et répartit cette main-d’oeuvre dans tous les secteurs de la production afin que les biens qu’elle doit fabriquer le soient. Ainsi les travailleurs seront satisfaits et les consommateurs ( qui ne font qu’un la plupart du temps ) également parce qu’ils pourront acheter ce dont ils ont besoin. Il s’agit, bien sûr, d’une présentation extrêmement simplifiée d’un mécanisme de fonctionnement très complexe. Si on se limite à l’Occident, on constatera que les nations où l’économie s’est le plus développée au cours des derniers siècles sont celles qui ont vu le niveau de vie de leurs populations s’accroître. Faire disparaître la famine, les épidémies, l’analphabétisme, améliorer l’hygiène, permettre à l’homme de se déplacer en sécurité et rapidement, toutes ces réalisations qui découlent du développement et de l’amélioration de l’économie en général ne peuvent être considérées comme des illusions; il s’agit de réalisations concrètes que la très grande majorité des habitants de cette terre assimile à des bienfaits, au progrès. A moins d’aimer patauger dans la boue du matin au soir et d’accepter de faire deux kilomètres à pied pour aller chercher de l’eau, force est de constater que les illusions de l’homme "économique" ont du bon.

N’oublions pas que cette croyance au progrès a été le moteur qui a poussé des générations et des générations d’hommes et de femmes ( de gauche comme de droite d’ailleurs ) à vouloir changer les choses avec la conviction que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Sans cette croyance l’Occident n’aurait pas fait à la Renaissance cette percée qui lui a permis de décoller économiquement et politiquement et de se retrouver, pour le meilleur et pour le pire, maître du monde entier, devenant par la même occasion un modèle ( même idéalisé ) auquel aspirent les trois quarts des habitants de notre planète. A tout prendre, il vaut mieux être dans le camp des enviés, dans le camp de ceux qui peuvent et doivent donner que dans celui des quémandeurs, des demandeurs: la situation de l’assistant est beaucoup plus confortable que celle de l’assisté car il tient le couteau par le manche.

Pour conclure, il serait bon de ne pas négliger un facteur essentiel, à savoir les limites, de plus en plus criantes d’ailleurs, de l’économie. De ce point de vue, nous nous trouvons à un tournant. Si, il y a peu de temps encore, les avantages du progrès semblaient vouloir l’emporter sur les inconvénients, l’évolution de ces dernières années tendrait à prouver le contraire. Les dégâts causés à l’environnement et les déséquilibres nationaux et planétaires entre riches et pauvres pèsent de plus en plus lourd dans la balance. Comme nous ne sommes pas futurologues, il est difficile de faire de la prospective et deviner si dans l’avenir, l’économie va réussir à inverser cette tendance ou si l’illusion dénoncée par Hartung ne va pas prendre toute sa valeur et vider de son contenu le progrès lui-même?

L’apparition dans nos pays développés d’un quart-monde ainsi que la persistance d’un chômage de longue durée sont peut-être des signaux d’alarme: non seulement l’homme " économique" mais également chaque citoyen responsable devrait se remettre en question. Se remettre en question cela peut aussi signifier s’interroger sur la nature même de l’homme: cette nature humaine est-elle immuable, donnée une fois pour toute ou est-elle capable d’évoluer, de progresser? A cette interrogation métaphysique, nombreux furent les philosophes ( de Platon à Sartre en passant par Rousseau ) à proposer leurs réponses; Hartung, à son tour, nous invite à y réfléchir grâce à son affirmation à première vue

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