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L'asie musulmane

Par   •  28 Novembre 2018  •  3 451 Mots (14 Pages)  •  213 Vues

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Dans l’ordre social, l’islâm a accepté dans leurs grandes lignes les structures sociologiques des peuples convertis c’est-à-dire les jâti, mais en abolissant la hiérarchie brahmanique des varna et en substituant aux rapports juridiques régit par le droit Mitâksharâ des rapports que régit le droit musulmane. Cette société musulmane constituée en jâti présente d’importantes différences entre le nord et sud de l’Inde.

Dans le Nord, où conversions furent massives au point de rallier à l’islâm la majorité de la population dans les pays de l’Indus et de Bengale oriental, la société musulmane est formée de castes professionnelles multiples à l’instar de la société hindoue. On peut donner l’exemple assez bien connu de la société kashmirienne, dans laquelle, à l’exception Pandit (caste de brahmanes attachée l’hindouisme), toute la population est islamisée depuis le XIVe siècle. A côté des Sheik et des Saiyad, qui sont la grande majorité, on y voir divers groupes professionnels comme les bateliers Handji, des ethnies allogènes et même une jâti méprisée, analogue aux intouchables hindous : les wâtal au tient foncé, vidangeurs ou travailleurs du cuir, dont une fraction n’a pas accès aux mosquées. Ces musulmans du Nord sont généralement sunnites, à l’exception de quelques jâti d’origine iranienne qui se rattachent au chiisme.

Dans le dekkan, la situation est tout à fait différente, parce qu’il n’y a pas eu de conversions massives. La société musulmane n’y est donc pas un décalque de la société hindoue, elle a été constituée par l’insertion de jâti musulmanes dans la société préexistante. Et ses membres se distinguent généralement des autres communautés par des particularités vestimentaires, notamment le pagne de cotonnade à carreaux (kaili) dont les hommes sont drapés au-dessous de la taille. Elle comprend deux groupes d’origines différente : les Dakkhanî et les Shâfi’î.

Les Dakkhanî sont, comme leurs nom indique, les musulmans du Sud (dakkhan=sud). Leur principale origine est la migration de musulmans du Nord, surtout de soldats, provoquée par l’établissement de principautés musulmanes dans le Dekkan; mais leur communauté s’est accrue par des conversions. Ces musulmans ont donc les caractères essentiels de ceux du Nord :ce sont des sunnites de la secte Hanafi ; ils parlent ourdou, bien qu’ils vivent depuis des siècles au milieu de la populations de langues différentes. Mais leurs cadres sociologiques ne reproduisent pas ceux de la communauté hindoue ; ils ont un rapport avec leur origine. Ce sont les Saiyad (qui se réclament de l’ascendance de Fatima, fille du prophète), les Moghal (descendants des conquérants mongols et iraniens du XVIIe siècle), les Pathan (d’origine afghane), les Sheik (descendants indiens islamisés). On les rencontre dans les gros villages, dans les villes, notamment dans les anciennes capitales musulmanes : Haïderâbâd, Bangalore, Madras. C’est donc une classe urbaine.

L’autre groupe, celui des Shâfi’î, provient d’une migration maritime et réside surtout dans les ports, dans les villes proches de la côte. Son origine est une migration de marchands et de marins arabes, très ancienne, qui a certainement débuté avant l’Hégire. Ces navigateurs épousaient des femmes indiennes, engendraient des enfants et même fondaient par là même des jâti endogamiques, puis-ce que leurs enfants ne pouvaient pas contracter de mariage avec les jâti environnantes ; ce groupe s’accrut également par des conversions. En raison de ce métissage d’hommes arabes et de femmes indiennes, ces musulmans ont conservé l’usage des parlers locaux, ainsi qu’un grand nombre de coutumes sud-indiennes, qui les distinguent des Dakkhanî en particulier la famille matriarcale de diverses jâti du Kerala (relevant de l’école de droit hindou Marumakkathâyam), que l’on retrouve chez les Mâppilei et les Nâvayat ;ils parlent des langues indigènes, mais émaillées de termes arabes et persans. Tels sont les Navâyats des districts kannara (au sud de Gao), qui parlent une variété de konkani, les Mâppilei du district Calicut (Malabar district), qui parlent malayâlam, les Marakkâyar et les Labbai de la côte de Coromandel. Tous sont des musulmans sunnites, mais se distinguent des Dakkhanï par la pratique du rite Shâfi’î. On peut rapprocher de ce groupe les Moors (Maures) de Ceylan, qui doivent aussi leur origine à la migration de navigateurs arabes et à leur métissage avec des femmes indigènes.

Autant de jâti, autant de groupes endogamiques. Mais, bien entendu, les barrières de castes n’ont pas ici la même rigueur que chez les hindous : tous ces musulmans peuvent prier ou manger ensemble, à quelque jâti qu’ils appartiennent.

Dans l’espace malais l’islâm a été introduit par des marchands et des marins venus de l’inde, notamment du Grujrât, mais probablement aussi du sud, à partir du Xe siècle ; l’expansion tamoule en Orient ouvrait la route aux marchands musulmans dont les communautés étaient déjà établit au Tamilnâd et au Kerala ; elle facilitait ainsi la pénétration de l’islâm, qui devait supplanter presque complètement le brahmanisme et le bouddhisme dans les pays malais. On peut d’ailleurs remarquer que les parties les plus islamisées de l’espace malais – Sumatra, Java, la péninsule malaise –appartinrent à cet Etat aux frontières incertaines, l’empire de Srivijaya, qui entra au XIe dans l’ordre de la thalassocratie tamoule. L’islâm venu de la mer, a gagné les Deutéro-Malais, les populations en contact avec la mer ; il n’a que faiblement pénétré chez les Malais de l’intérieur, comme les Batak de Sumatra, Dayak de Bornéo, les Toradja de Célèbes. A l’est de java, ses implantations importantes se sont limitées aux populations qui étaient en contact avec la vie maritime : les Bouginais et Makassar à Célèbes, le sultanat de Ternate dans les Moluques. C’est pourquoi, presque partout, l’islamisation du monde Malais est liée à un certain niveau de civilisation, les pays islamisés, plus évolués, s’opposent aux pays animistes, isolés, repliés sur leur économie de ladang.

Bien que la foi musulmane soit vive, la société reste fondamentalement malaise, attachée à son folklore et à mainte croyance antéislamique. On ne reconnaît la forme pure de l’Islam que dans la l’Atjeh (Sumatra nord), dans l’ouest de java et le sud de Célèbes. Ailleurs, c’est le vieux fon des croyances et des croyances comme malaise qui constitue, sous un Islam superficiel, l’essentiel de la vie religieuses.Et l’on assiste à un foisonnement de sectes mystiques sans rapport avec le message du prophète. Les mosquées

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