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Compte rendu Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Editions de l'Université de Bruxelles, 2012, 438 p.

Par   •  5 Mars 2018  •  1 865 Mots (8 Pages)  •  636 Vues

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allant de l’avènement de l’État belge indépendant à la période qui précède la première grande réforme de l’État belge.

Chapitre I : « Les prémices de l’État belge »

Le premier chapitre de l’ouvrage est consacré à la formation de l’État belge. Pascal Delwit y évoque entre autres les prémices du « conflit linguistique », la naissance de « l’union » entre libéraux et catholiques et le détachement violent des provinces de Belgique de la Hollande donnant suite, avec un accord de la France et du Royaume-Uni, à la constitution d’un État belge indépendant. C’était au mois de novembre 1830. Le jeune État n’attendra pas la reconnaissance internationale pour se lancer dans la constitution d’un gouvernement.

Chapitre II : « Une confrontation bipartisane, libéraux vs catholiques »

Le 11 octobre 1830, le premier gouvernement belge est constitué sous forme d’un congrès national composé de 200 députés élus au suffrage direct. La monarchie est largement préférée à la république et le Roi désigné est Léopold de Saxe Cobourg. Le Parlement est bicaméral : le Sénat, élitiste, et la Chambre des représentants et des passions, plus ouverte.

Dans ce chapitre l’auteur évoque entres autres la confrontation entre libéraux et catholiques, notamment l’opposition des libéraux au contrôle total de l’enseignement par les catholiques. Cette confrontation entre libéraux et catholiques a été favorisée par la disparition de la menace extérieure suite à la signature d’un traité de Paix entre la Belgique et les Pays-Bas. C’est également dans cette partie de son ouvrage que l’auteur parle de la première prise de conscience de l’importance de la répartition des langues. Nonobstant le grand nombre de néerlandophones par rapport aux francophones, le bilinguisme a fait son entrée en Belgique seulement à la fin du XIXe siècle. « En août 1873, le néerlandais est introduit en matière judiciaire. [...] La notion de frontière linguistique est en germe » (p. 47).

Chapitre III : « L’avènement d’un multipartisme modéré »

L’auteur présente ici le déroulement de la révolution industrielle qui se fait de manière précoce en Belgique. Il met en évidence la différence du vécu de ces phénomènes entre la Flandre, où la révolution se fait beaucoup plus lentement, et la Wallonie qui a été plus fortement touchée par cette révolution. Le monde ouvrier est fortement exploité sur le plan social et politique. En 1886, arrivent les premiers mouvements de révolte. Plus tard en 1894, on assiste à la création d’un Ministère de l’Industrie et du Travail. Ce qui fera énormément avancer la législation en matière de prévention et protection au travail. Y sont évoqués aussi l’avènement du parti ouvrier belge (POB-BWP) (p. 48) et la naissance du parti socialiste flamand. C’est également dans ce chapitre que l’auteur relate certains faits historiques tels que l’obtention du droit de vote et la pilarisation en Belgique. Après la guerre de 1914-1918, les différents changements politiques surviennent : « ouverture » et « diversification du paysage politique » ; avènement de nouvelles familles politiques. De 1934 à 1940, on observe une forte rotation gouvernementale en Belgique. Neuf gouvernements se succèdent. La question de l’importance du roi fait surface.

Chapitre IV : « Le bipartisme imparfait »

Après la guerre de 1939-1945, on assiste à un grand nombre de changements sur le plan social et politique. Tout d’abord les partis socialiste et catholique changent de nom, de leadership et de mode d’affiliation. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1948. La Belgique est sous le contrôle des catholiques et des socialistes. Les libéraux jouent le rôle de troisième parti pivot, d’où la qualification de « bipartisme imparfait ». En 1958, deux questions confirmant le clivage entre laïcs et catholiques se posent : le retour sur le trône du roi Léopold III et la question scolaire. Trois lois linguistiques sont adoptées en 1963, année durant laquelle on assiste à l’avènement des partis communautaires et le « réalignement du parti libéral » (p.148). L’auteur évoque également la formation d’autres partis tels que la Volksunie, le Front démocratique des bruxellois francophones (FDF) et le rassemblement wallon (RW). En plus de promouvoir le mécanisme de démocratie représentative, ces trois partis communautaires vont jouer un rôle important dans le processus menant à la première grande réforme de l’État belge.

Conclusion et critique

Nous constatons, après lecture de cet ouvrage que la vie politique belge a été particulièrement productive dans ses premières heures. En effet, juste après la révolution de septembre 1830 et avant même la reconnaissance internationale, un gouvernement provisoire compose un congrès national de 200 députés qui, à peine élus, décident de manière quasi unanime, « par 174 voix contre 13 » (p. 20), que la Belgique sera une monarchie constitutionnelle représentative sous chef héréditaire.

À travers cet ouvrage, Pascal Delwit parvient, avec beaucoup de justesse, à présenter la complexité du système politique en Belgique. Il y explique comment le système politique actuel s’est progressivement construit autour des trois principaux clivages suivants : le clivage linguistique et communautaire entre les francophones et les Wallons, d’un côté, et les néerlandophones et les Flamands, de l’autre côté ; le clivage socio-économique entre la classe ouvrière et le patronat ; le clivage philosophique entre les chrétiens (surtout les catholiques) et les libres-penseurs.

Pour terminer, il me semble qu’élaborer une critique sur cet ouvrage en ma qualité d’étudiant, est une tâche impossible sachant que Pascal Delwit est reconnu comme un des auteurs les plus chevronnés dans son domaine. Je me bornerai donc à dire que, malgré la densité et l’exhaustivité des 438 pages que compte l’ouvrage, que j’ai eu à aborder en un temps limité, cette lecture m’a permis de saisir, en un temps record, la complexité de l’histoire et du paysage politiques belges.

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