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Memoire BMCI

Par   •  18 Octobre 2017  •  19 577 Mots (79 Pages)  •  81 Vues

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Alors que la spéculation s’est en partie déplacée vers les matières premières, les métaux précieux et les produits alimentaires et qu’existe le risque de nouvelles bulles dangereuses, une autre partie se concentre sur l’isolement et la chasse des États financièrement « voyous », susceptibles d’être déclarés indignes d’obtenir des crédits. Les mêmes agences de notation qui ont accordé à la légère et de façon criminelle un triple A aux légendaires subprimes, cause de la récente crise financière, dégradent maintenant les obligations d’État en junk bonds et travaillent pour les mêmes « chasseurs de bonus » qui ont précédemment convaincu le gouvernement grec de faire de la corde raide avec des mesures financières risquées et qui voudraient aujourd’hui avec leurs mauvais conseils assainir le pays jusqu’à le détruire.

Le prétendu « sauvetage » des États est au fond un projet idéologique qui ne sert en fin de compte qu’à sauver les banques créancières. Naguère, on appelait cela la « socialisation des pertes ». Ce processus peut dans des situations extrêmes être rationnel pour le système car les crises financières aiguës ont leur dynamique propre et – une fois lancées – sont difficiles à remettre sous contrôle. Il faut noter ici que les requins de la finance sont devenus si puissants qu’ils ont été en mesure depuis un an déjà de rallier à leurs vues une UE très indécise.

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Depuis l’été 2007, le système financier international traverse une des plus graves crises depuis 1929. Le premier signal en est lancé le 17 juillet par un établissement financier américain, Bear Stearns, qui annonce alors la forte perte de valeur de ses fonds du fait des subprimes. Toutefois, l’évènement majeur de cette crise qui la fait basculer en crise systémique est la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, le 14 septembre 2008.

Ce court résumé illustre la fragilité d’un système financier internationalisé, où l’effet de contagion est fort. Les banques françaises pourraient perdre environ 20 milliards d’euros en 2008 d’après la ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi Christine Lagarde.

Mais que s’est-il passé exactement ? En quoi cette crise est-elle comparable à d’autres, majeures, comme celle de 1929 ? Quels dysfonctionnements des marchés révèle-t-elle ?

◆ La crise de 2007-2008 a été provoquée par l'excès d'endettement des ménages aux Etats- Unis, la décélération, puis la chute, des prix de l'immobilier. En effet, les ménages américains à faible revenu avaient des difficultés pour rembourser les crédits qui leur avaient été accordés pour l'achat de leur logement. Ces crédits accordés par des établissements financiers étaient destinés aux ménages qui n'avaient pas les garanties suffisantes. Ils sont donc des crédits à risque mais aussi hypothécaires car le logement du ménage est pris en garantie en cas de défaut de paiement. La faiblesse des taux d'intérêt au début de l'emprunt a entrainé le surendettement des ménages américains à faibles revenus. Le non remboursement de ces derniers a provoqué des perturbations dans la gestion des établissements financiers et a donné naissance à la crise financière.

L'expansion des crédits et de la masse monétaire a plutôt servi à des achats d'actifs financiers et à des achats de logements (y compris les « subprimes ») : il y a eu création d'une bulle financière et d'une bulle immobilière.

Qu’est ce que les subprimes ?

- Ce sont des prêts immobiliers accordés à des ménages américains aux revenus modestes. Au sens le plus large, une Subprime est un crédit a risque, a taux plus élevé pour l’emprunteur et donc avec un rendement plus important pour le prêteur afin de rémunérer le risque de non remboursement, cependant limité par la garantie hypothécaire prise sur le logement .

Ces crédits subprimes qui représentent avant la crise environ 23% du total des prêts tèle peu solvable. Ces emprunteurs a risque peuvent contracter un emprunt immobilier sur ce marché, moyennant un taux d’intérêts révisable indexé sur la base su taux directeur de la Fed, majoré d’une prime de risque et une hypothèque sur le bien immobilier pour prévenir une hypothèque non –solvabilité. Ainsi, les candidats non inclus dans la catégorie « prime », ont vu leur nombre s’accroitre ; du fait de la possibilité offerte aux banques de titriser leurs crédits donnant naissance a des produits financier .Comme la souligné P .Davidson (2008) lors de la signature de leur contrat les subprimeurs ne prennent pas de position spéculative, encore moins a la Ponzi.

Section 1 : Début de la crise aux Etats –Unis.

L’explosion de la bulle immobilière américaine et les défaillances des emprunteurs a risque.

❖ La crise financière trouve sa source dans le retournement du marché immobilier aux Etat s-Unis et les pertes qu’il a entraînées pour les acteurs du marché des prêts hypothécaires à risque, les désormais fameux « subprime mort-gage». Paradoxalement, l’explosion de la bulle immobilière américaine n’est pas une surprise. Dès 2003, de nombreux observateurs, y compris au sein de la Réserve fédérale américaine (Fed) , ont souligné que la hausse des prix de vente de l’immobilier résidentiel aux Etats-Unis suivait une tendance qui ne pouvait s’expliquer complètement par la croissance de l’économie et de la population ou la faiblesse des taux d’intérêt entretenue par la politique monétaire d’Alan Greenspan. C’est ce que montrait Robert Shiller qui faisait un parallèle entre les bulles immobilière des années 2000 et financière de la fin des années 1990, et s’attendait à ce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, autrement dit que des mouvements spéculatifs trop éloignés des réalités objectives, qui ont d’abord provoqué la tendance à la hausse, débouchent sur une correction brutale du marché.

❖ Les prix de vente de l’immobilier résidentiel aux Etats-Unis ont presque doublé entre janvier 1997 et juillet 2006 avant de se replier brutalement (graphique 1). La hausse des prix de l’immobilier était non seulement bien plus rapide que l’inflation générale mais aussi bien plus forte que l’augmentation des loyers : ainsi le ratio de l’indice des prix de ventes de l’immobilier résidentiel rapporté à celui des loyers équivalents a augmenté de 48% entre

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