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Argumentaire : Alain Garrigou, Histoire sociale du suffrage universel en France

Par   •  25 Octobre 2017  •  1 037 Mots (5 Pages)  •  135 Vues

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Jusqu’en 1913, le vote se fait en public. Pour échapper au clientélisme et aux pratiques frauduleuses, l’enjeu de l’isoloir devient essentiel. Pour Garrigou, l’isoloir est une technique d’instimisation du vote visant à lutter contre l’intimidation sociale. Le vote secret permet de se soustraire du regard extérieur non seulement des notables mais aussi de tous les autres (parents, groupe de pairs, classe sociale).

Toutes ces dispositions permettent donc aux citoyens d’apprendre à être de bons électeurs.

- Le suffrage universel comme lutte d’enjeux :

- La politisation des citoyens :

Une fois le processus de sensibilisation des citoyens à l’importance du vote terminé, vers la fin des années 1850, commence un autre processus : la constitution d’électorats par les partis. Cela s’opère par l’élaboration de programmes politiques fondés sur des promesses électorales qui sont pour la première fois des actes à réaliser si le parti est élu et non comme avant quand le notable donnait des biens matériels ou immatériels pour être élu. La politisation du citoyen s’effectue aussi par la formation d’idéologies dans lesquels il est censé se reconnaître. Les campagnes électorales contribuent largement à la diffusion des idéologies, des programmes politiques et donc de politiser le citoyen pour les intérêts des partis. Rapidement, la participation croît d’élection en élection jusqu’à devenir massive. Devant de tels enjeux numériques, les idéologies se groupent en partis politique set le métier de politique se constitue, donnant naissance à un nouveau personnel qui vit pour et de la politique (indemnités parlementaires établies en 1848).

- Un suffrage vraiment universel ?

Le suffrage universel institué en 1848 a certes aboli les conditions de fortune et supprimé les inégalités entre les classes sociales, mais il reste toujours masculin. La moitié féminine de la population française n’a pas le droit de vote. Celui-ci ne leur sera accordé qu’en 1944.

La réduction du corps électoral en 1850 est un autre exemple de la non-universalité de ce suffrage.

Enfin, il explique qu’il y a bien un « cens caché », des inégalités sociales qui orientent le vote des citoyens ou les font s’auto-exclure du suffrage car peu politisés.

Pour conclure, nous avons vu que le suffrage universel instauré en 1848 en France a mis plusieurs décennies pour se démocratiser. Il a créé une relation d’interdépendance qui lie les représentants et les électeurs. Il est l’enjeu de batailles électorales entre les partis qui tentent de politiser les électeurs et de les sensibiliser à leur idéologie. Même si aujourd’hui, on peut affirmer qu’il est universel, le suffrage a été durant un siècle uniquement masculin. Nous pourrions nous demander si l’enjeu du suffrage n’est pas redevenu aujourd’hui celui de la participation, au vu des records d’abstention et de la montée des populismes qui fondent leurs discours sur le désintérêt du peuple pour les politiques.

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