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L'individualisme

Par   •  14 Novembre 2018  •  1 320 Mots (6 Pages)  •  233 Vues

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Les sociétés modernes doivent inventer un nouveau type de lien social avec les individus tels qu'ils sont aujourd'hui. On ne peut pas revenir en arrière en rêvant d'avoir des personnes peu sensibles aux bénéfices de l'individualisme et on ne peut pas non plus avoir confiance dans la solidité des liens sociaux, tissés dans le cadre de cette individualisation.

François de Singly nous propose une troisième option. Entre le modèle du tout libéral, de l'individu ballotté par le marché et celui du tout enracinement dans une communauté d'appartenance, un autre lien social est possible, sous certaines conditions. Celui proposé entre autre par Pierre Leroux, inventeur du terme « socialisme », il voulait penser un socialisme qui ne refoule pas l'amour de soi en le limitant par l'amour des autres. Leroux insiste sur la dimension personnelle de la vie sociale. Pour lui, le lien social de notre société moderne c'est l'amitié. Plus précisément, ce sont l'amitié au niveau des relations interpersonnelles et l'association à un niveau plus général. Ces deux modalités ont une forte composante élective et contractuelle. Le principe électif inscrit dans le lien même l'expression de la liberté individuelle, il concilie ainsi l'individuel et le collectif. Il parvient à faire en sorte que l'individualisme soit relationnel. L'amitié ne permet cependant pas de régler l'ensemble des problèmes découlant de la place centrale de l'individualisation dans les sociétés modernes. La formule du lien social doit conserver certaines des qualités présentes dans les relations interpersonnelles, comme la reconnaissance des différences individuelles tout en montant en généralité, en étant applicables dans des contextes où l'interconnaissance joue peu, où les individus doivent être reconnus sans être connus. Le lien idéal résulte d'une combinaison entre la raison et le sentiment, ou plus précisément entre l'universel et le particulier, le personnel.

Le fait que les individus contemporains soient « individualisés » ne signifie pas pour autant qu'ils aiment la solitude. Il veut dire que ces individus apprécient d'avoir plusieurs appartenances pour ne pas être liés par un lien unique. Le lien social serait composé de fils moins solides que les fils antérieurs mais il en comprendrait nettement plus. La multiplication des appartenances engendre une diversité de liens qui, pris un à un, sont moins solides mais qui, ensemble, font tenir et les individus et la société. C'est en pouvant se déplacer d'un groupe à un autre, en pouvant prendre distance de ses proches, que l'individu individualisé peut à la fois se définir comme membre d'un groupe et comme doté d'une personnalité indépendante et autonome.

La résolution de la crise du lien social se réglera surtout lorsque chacun aura les conditions objectives de pouvoir se réaliser soi-même dans plusieurs groupes, d'avoir plusieurs places, plusieurs appartenances. Dans son livre, l'auteur nous propose, à partir de l'analyse des « crises » du lien social, d'indiquer comment il semble possible de concilier l'individualisme et la formation d'un lien social respectueux des individus individualisés.

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