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L'identité culturelle des communautés juives de la diaspora dans l'Antiquite

Par   •  18 Juin 2018  •  1 660 Mots (7 Pages)  •  147 Vues

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Car en plus du conflit qui oppose les juifs aux autorités grecques, un autre conflit, interne cette fois, émerge : celui qui oppose les juifs restés fidèles à la tradition juive, à ceux qui ont embrassé la culture – et parfois la religion – hellénistique. Les tensions entre les deux sont très fortes, particulièrement pour tout ce qui a trait au service du Temple de Jérusalem. Et ces tensions ne cessèrent pas après la Révolte hasmonéenne (-168). Bien au contraire : lorsque la Judée Hasmonéenne assura son indépendance, la dynastie Hasmonéenne tenta d’imposer sa doctrine dans le culte du Temple. Ce qui engendra une divergence d’opinion quant à la légitimité des Hasmonéens sur la fonction de Grand-Prêtre. Deux courants se forment :

- Les Saducéens, qui semblent s’être ralliés à la nomination de Jonathan le Maccabéen au poste de Grand-Prêtre, soutiennent ses actes. Ces derniers tentaient d’imposer leur doctrine dans la cour du roi, au Temple et à travers tout le pays.

- Les Pharisiens, que le cumul des fonctions de Roi et de Grand-Prêtre préoccupait plus que la transmission de la fonction de Grand-Prêtre à un membre de la famille Hasmonéenne, s’opposent fermement aux Saducéens.

A l’avènement de l’Empire Romain, on compte plusieurs autres groupes :

- les Esséniens, qui vivent pauvrement, en ascètes, reclus, se privant des plaisirs du mondes et particulièrement pointilleux sur la pureté. Ils s’immergent d’ailleurs quotidiennement.

- le Mouvement Nationaliste Juif, qui regroupe à lui seul :

- Les Zélotes, qui sont les groupes qui se rebellent contre le pouvoir romain par les armes.

- Les Sicaires, qui sont une faction de dissidents juifs extrémistes qui tentèrent d’expulser les Romains et leurs partisans de la Judée, au moyen de l’assassinat

- Les Rebelles Galiléens.

La période romaine fut loin d’être paisible pour les juifs, bien au contraire, elle fut ponctuée de conflits, de révoltes, parfois même de guerres, qui aboutiront au Ier siècle, à la destruction du Temple de Jérusalem par Titus et à la deuxième Diaspora. Car l’empire romain suscitait des mouvements de population en tant que structure multiculturelle, quand ce n’était pas tout simplement un exil. Ainsi, par exemple, Archélaos (fils d’Hérode), dernier ethnarque[3] de Judée a été exilé en Gaule par l’empereur Auguste en l’an 6. Son frère et successeur Hérode Antipas fut aussi exilé en Gaule en 39 par Caligula. Par ailleurs, de nombreux juifs furent vendus comme esclaves, tandis que d'autres, contraints de fuir, rejoignirent des communautés déjà existantes.

Il va sans dire que cela va avoir un impact non négligeable sur le judaïsme et sur l’identité culturelle de ces juifs. Car avec l’éloignement, il devint assez difficile de respecter tous les préceptes de la Torah ; aussi les rabbins jouèrent un rôle majeur d’interprétation des textes bibliques afin de rendre les pratiques quotidiennes des communautés juives compatibles avec les exigences religieuses. C’est d’ailleurs à la même époque que les Sages commencèrent à élaborer le Talmud. Grâce à cela, les juifs de toutes les diasporas vont pouvoir pratiquer leur judaïsme en dépit de l’absence du Temple de Jérusalem, tout en tenant compte des contraintes liées à leur nouvel habitat et aux autorités qui les gouvernaient.

De manière générale, les juifs s’intègrent bien dans leur nouvelle terre d’accueil – si tant est qu’on leur permette de s’intégrer – et partout où ils s’installent (Rome, Gaule, puis plus tard l’Espagne, l’Europe et l’Afrique), ils adoptent la langue et la culture du pays, tentent de s’établir financièrement (certains vont même s’engager en tant que soldats), sans pour autant renoncer à leur identité et à leurs traditions. Ainsi, chaque nouvelle communauté met en place sa propre infrastructure (synagogue, bain rituel…) de manière à pouvoir mener une vie juive. La langue hébraïque, quant à elle, est réservée à un usage religieux et liturgique, ainsi qu’à la correspondance avec d’autres communautés juives.

Les communautés juives se multiplient sur le territoire de l’Empire Romain, notamment en Gaule, mais avec la montée du christianisme, de nouvelles restrictions apparurent, notamment celle faite aux clercs en 465, par le concile chrétien de Vannes et qui interdit aux clercs de partager des repas avec des Juifs et de les côtoyer de trop près. Cette mesure est d’ailleurs révélatrice de la présence des juifs en Gaule.

L’identité culturelle juive a connu de grands bouleversements pendant l’Antiquité. Les guerres, les évènements politiques, les exils et les diasporas l’ont amenée à se modifier. L’intégration de nouveaux paramètres liés à l’emplacement géographique et à la situation politique des juifs, a donné naissance à une nouvelle identité, à la fois intrinsèquement juive et donc en décalage avec la population environnante, mais en même temps pétrie de la langue du pays et de sa culture.

C’est cette double identité qui va désormais caractériser les juifs d’Europe depuis l’époque romaine jusqu’au siècle des Lumières, à partir duquel certains choisiront l’assimilation.

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