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Exégèse de l'Ancien Testament.

Par   •  24 Juin 2018  •  1 764 Mots (8 Pages)  •  248 Vues

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- Efforts pour soigner le roi

Dans ce passage (v.2-3), justement, une concertation a lieu entre les serviteurs (médecins ?) de la cour pour essayer de trouver une solution pour remettre sur pied le roi ‘‘fini’’. Mais le remède préconisé, tout en restant une solution destinée à rétablir l’état physique du roi, semble aussi être l’élément révélateur de la vacance du pouvoir, le cas échéant. Car le terme סֹכֶ֑נֶת employé ici peut être traduit par ‘‘soignante’’, mais ‘‘ayant autorité d’épouse’’, ce qui n’émeut personne dans le monde ancien. Il s’agit bel et bien avant tout de lui trouver une fille ‘‘fraîche’’, espérant que dans un ultime sursaut de fierté, le roi ne se laisserait pas faire, il se lèverait et affirmerait sa virilité, prouvant du même coup son aptitude à continuer de régner. D’ailleurs, la fille, non seulement est vierge et jeune, mais elle est également très belle (elle semble d’ailleurs l’avoir emporté au cours d’une espèce de concours Miss-tout-Israël), de quoi réveiller la libido même d’un septuagénaire. Cette précision vaut son pesant d’or dans la mesure où elle deviendra sinon le principal, du moins l’un des enjeux centraux de la quête du pouvoir entre Adoniya et Salomon. Le roi est-il capable d’assurer avec la fille et de ce fait de démontrer à tout le peuple que c’est lui que tient encore les rênes du pouvoir ?

- Echec des soins

Malheureusement, au v.4, la fille lui ayant été amenée, elle dormit dans son sein, le servit (?), mais le roi ne la connut pas, donc il ne se réchauffa pas, ne retrouva point de l’énergie. Ou alors, pourrait-on envisager que le roi David, dans ses vieux jours, ce même David que fit tuer Urie pour s’approprier Bethsabée, sa femme (2S 11,14-25), aurait-il eu des scrupules à avoir des relations intimes avec Avishag ? Hypothèse très peu probable. Quoi qu’il en soit, le roi était devenu impuissant, donc aussi inapte à exercer le pouvoir. Ce qui va lancer la course au pouvoir avec tout ce que cela engendre comme coups bas et tractation, avec en tête de file Adoniya.

Conclusion

Le texte de 1R1,1-4 plante en quelque sorte le décor du cadre qui est appelé à présider à la transition devant porter Salomon au trône. Salomon exercera un règne prospère et paisible, s’employant à enrichir et développer son royaume, selon le plan de Dieu pour son peuple. Le roi David, qui ‘‘avait fait ce qui est droit aux yeux de l’Eternel, et ne s’était détourné de rien de ce qu’il lui avait commandé, tous les jours de sa vie, excepté dans l’affaire d’Urie, le Hétien’’ (1R15,5), était sur le point de passer la main. Mais il importait, avant toute initiative visant à amorcer la succession au trône, user de toutes les voies de recours pour, à défaut de pouvoir ramener le roi (vue son ‘‘extrême vieillesse’’), être certain qu’on a tout tenté, pour ne pas pousser le roi vers la touche, et être ainsi l’auteur d’un coup d’Etat sur un oint de Dieu. Malheureusement, cette mise en évidence de la sénescence du roi sera la boite de pandore qui va mettre le feu aux poudres dans la quête du pouvoir entre Absalom et son demi-frère Salomon qui l’emporte finalement, faisant d’Avishag, au passage, un enjeu très important, presque au même titre que le royaume lui-même. Raison pour laquelle Adoniya n’aura pas droit au pardon pour avoir convoité cette femme devenue désormais celle du roi Salomon.

Dans la tumulte ou dans l’oppression donc, le peuple a besoin de recentrer sa foi qui est sérieusement mise à mal. En effet, au moment où les piliers de la foi (Terre, Roi, Loi, Temple) sont ébranlés sérieusement, ce texte vient à point nommé pour maintenir, voire raviver cette flamme vacillante. Les livres des Rois semblent dont avoir été rédigé en direction du peuple en exil à Babylone, ou fraîchement de retour, pour porter vers eux un message d’espoir.

Finalement, ce texte introduit le plan de Dieu (aidé par les hommes ?) pour porter au trône ce Salomon, qui n’était pas l’aîné en présence, donc sa légitimité était discutable, et qui était (ne l’oublions pas) issu d’une relation coupable…

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Bibliographie

- Biblia Hebraica Stuttgartensia, Deutsche Bibelgesellschaft, Stuttgart, 1967/77

- Dictionnaire d’Hébreu et d’Araméen bibliques

- KOULAGNA Jean, Les mots ותהי־לו סכנת dans 1 Rois 1,2 in XIV CONGRESS OF THE IOSCS, HELSINKI, 2010 ;

- La Bible TOB, Société Biblique Française, Le Cerf, 1004.

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