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Averroès et Maïmonide, deux destins parallèles

Par   •  2 Décembre 2017  •  2 382 Mots (10 Pages)  •  88 Vues

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En 1166 il s’installe à Fostat, dans la banlieue du Caire, en tant que médecin. Il entrera plus tard au service de Saladin comme médecin de sa cour.

Saladin, fondateur de la dynastie des Ayyubides, recevra le titre de « Noble païen » dans la littérature occidentale chrétienne. En effet, après avoir repris Jérusalem aux Croisés, il fait preuve d’une grande clémence en épargnant les chrétiens, en les laissant repartir et en accordant aux pèlerins le libre accès aux Lieux saints.

L’œuvre de Maïmonide a traversé les frontières et le temps. Il achève en 1190 se pièce maîtresse rédigée en arabe : le Guide des égarés et engagera une correspondance assidue avec les juifs de Lunel en Provence qui en assureront la traduction en hébreu et en latin.

Ce Guide s’adresse essentiellement à des lecteurs écartelés entre la croyance en la Révélation et la philosophie. Il démontre les liens solides qui unissent la Loi de Moïse à l’enseignement d’Aristote.

C’est ainsi que Maïmonide, sans avoir vraiment croisé Averroès et qui découvrira sur le tard ses commentaires avisés de l’œuvre complète d’Aristote, suivra tout au long de sa vie un chemin parallèle à son « Frère » musulman – Frère en humanité et Frère en sagesse – au point qu’il conseillera à Samuel Ibn Tibbon, Rabbin de Lunel, de prendre « bien soin de n’étudier les ouvrages d’Aristote qu’accompagnés de leurs commentaires » parmi lesquels « celui d’Averroès ».

Par la suite, les œuvres d’Averroès et de Maïmonide deviendront une source importante de la philosophie chrétienne latinophone : Albert le Grand, Maître Eckhart , Thomas d’Aquin et leurs successeurs puiseront sans complexe dans ce terreau fertile.

S’il existe une différence entre ces deux penseurs, l’un musulman, l’autre juif, ce n’est certainement pas dans la pertinence de leurs propos sur les deux lectures exotérique et ésotérique des Textes saints, mais simplement dans le comportement que chacun d’eux exige du philosophe corrélativement à ce constat :

- Averroès demande au philosophe, qui a compris le sens caché du Texte, de se taire ;

- Maïmonide lui, sans être prosélyte, considère que le philosophe a un message communautaire et que ce message il doit le faire passer à tous « par la Tradition », non par la philosophie elle-même.

A ce titre, nous, FM de REAA, pouvons-nous nous targuer d’être plus maïmonidiens qu’averroistes. La Tradition, synonyme de transmission est bien au cœur de notre engagement. Et nous nous devons d’achever au dehors l’œuvre commencée dans ce Temple !

Conclusion :

L’esprit de Cordoue souffle, mes TT CC FF, sur la Maçonnerie telle qu’elle se pratique au REAA au sein de notre Loge comme au sein d’autres Ateliers de la GL. Ce « Souffle parfumé » empreint de convivialité, de tolérance, qui nous fait préférer les jeux de l’esprit et la spéculation philosophique plutôt que l’affrontement politique ou religieux.

Et si la mort d’Averroès, comme celle de Maïmonide, marque l’avènement d’une rigueur théologique obscure en Terre d’Islam, leurs œuvres demeurent une preuve que l’Homme peut s’améliorer. Cette perfectibilité, cette recherche du sens de l’humanité, se poursuit ; pas seulement, bien sûr, au sein des Loges Maçonniques, mais – et vous me permettrez là de laisser sourdre un certain sentiment de fierté - particulièrement au sein de Loges Maçonniques comme la nôtre.

Et si la seconde Renaissance, celle qui a commencé en Italie par le Quattrocento, au XVème siècle, a cherché à bâtir ses identités nouvelles sur la négation de la « dette extérieure », sur la négation de Byzance, sur celle du Monde Islamique, pour exalter la Grèce antique dans un « ici et maintenant » sensiblement autiste ; …… si elle a voulu effacer de l’histoire la « translatio studiorum » andalouse pourtant nécessaire si ce n’est suffisante à la compréhension de l’effervescence occidentale à partir du XIIème siècle ; … si l’Homme – grec, italien, français, anglais ou germain - est devenu, à partir de là, la mesure de toute chose ;…… il nous est aujourd’hui, à nous FF MM, au nom de la Vérité, impossible d’effacer des siècles de pensée rationaliste moyenâgeuse en Terre d’Islam sous prétexte que nous serions les héritiers des humanistes de la Renaissance et du siècle des Lumières.

Le Livre de la Loi Sacrée est là, sur l’Autel des Serments, pour nous rappeler de façon permanente que l’humanité – l’humanité de l’homme, comme l’humanité en général ne s’est faite, ne se fait pas en un jour. Qu’elle ne se construit que pas à pas. Que nous épelons notre humanité.

J’espère, par cette planche, vous avoir fait comprendre, mes TT CC FF, ce qui motive ma soif insatiable : je ne cherche pas un savoir illusoire. Je suis déjà trop vieux et pas assez intelligent. Et, de toutes façons, tout savoir contient en lui-même ses propres limites.

Sans nier l’utilité de l’apprentissage d’un savoir scientifique, je laisserai à l’université et aux écoles, grandes ou petites, leur rôle essentiel d’instruction, pour me cantonner à la notion simple d’éveil. D’éveil à moi-même, d’éveil aux autres. Et c’est ainsi, par la reconnaissance de l’héritage commun qui nous lie que je pourrai apprendre à considérer l’Autre, l’arabe, le juif, le chrétien, le pakistanais, le français, l’indien, le japonais, le chinois, le libanais, l’arménien, le nigérien, le turc, le suédois, le bouddhiste, le sud-africain, le sud américain, le shintoïste, le russe et tous les autres, et même l’américain,…… que je pourrai apprendre à le considérer comme mon Frère.

Cette planche, mes TT CC Frères, ne pouvait prétendre à l’exhaustivité, pas plus qu’elle ne se voulait une conférence sur Ibn Rochd ou Maïmonide tant la vie de ces deux andalous du XIIème siècle, tant leurs œuvres respectives sont riches et complexes.

Puisse-t-elle simplement, cette planche, vous avoir donné l’envie de chercher plus avant dans cette direction pour, comme moi, tenter de trouver dans l’histoire du monde et de la pensée – de la conscience humaine, devais-je dire - des raison d’espérer.

J’ai dit !

M. FIL :.

GLDF

Bibliographie :

Arts et civilisations

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