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Commentaire de texte sur la fondation de Cluny en 910

Par   •  24 Octobre 2018  •  2 327 Mots (10 Pages)  •  114 Vues

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bases de l’organisation de Cluny

A- La restauration de la règle bénédictine

Le souhait de Guillaume Le Pieux pour son abbaye est de voir s’installer la règle de Saint Benoît : « selon la volonté de Dieu et la règle de Saint Benoît. », ce qui est facile à comprendre sachant que le Règle de St Benoit est la plus répandue à cette époque. Mais tout d’abord, il faut la réformer

C’est dans la suite des monastères fondés par Benoît d’ Aniane que s’inscrit la fondation de Cluny de 909. Cela remet alors en ordre la vie monastique après la période sombre qu’avait connu celle-ci durant les raids vikings. La réforme du 10ème siècle est alors caractérisée par 3 axes : on retourne à une vie plus austère caractérisée par une stricte observance des jeûnes, on respecte aussi la règle du silence et un retour à la communauté de biens, c’est-à-dire que le moine ne possède rien, et que tout ce qu’il possède appartient à l’abbaye.

De plus, la vie des moines est très rythmée : on insiste beaucoup sur l’importance de la liturgie, au détriment du travail et de la lecture. La célébration chorale de l’office est devenue de plus en plus important (cela se développe plus sous l’abbatiat d’Odon). Les moines chantent alors de nombreuses prières et de nombreux psaumes (+ de 150) durant la journée ; mais aussi des prières pour les bienfaiteurs (très souvent des grands aristocrates). Le moine adopte alors une posture d’orant pour la prière, c’est-à-dire une posture agenouillée.

Enfin, il faut aussi dire que les moines doivent selon la règle, mais aussi selon la charte de fondation faire preuve de miséricorde envers les pauvres et les indigents

A la règle s’ajoute le suivi de nombreux capitulaires écrit entre 816 et 816 (coutumes) et qui dictent la vie des moines. On dit alors que ce sont des normes dont les moines clunisiens résument l’importance ainsi : « Ici se terminent dans le bonheur les coutumes monastiques qu’il a été nécessaire d’ajouter à la règle du père Benoît. Amen. »

B- L’élection de l’abbé

Selon les principes de la règle bénédictine de Saint Benoît d’Aniane, mais aussi selon les mots du fondateur de l’abbaye : « que ces mêmes moines aient pouvoir et permission d’élire comme abbé et recteur […] les moines doivent avoir le droit de pouvoir élire de manière juste et démocratique leur abbé. Dans le texte, le premier abbé de l’abbaye est imposé, il s’agit de Bernon qui signa également la charte de fondation. D’abord abbé de Grigny, il est appelé après la signature de la charte de fondation de Cluny devenir le premier abbé de Cluny, poste qu’il accepte. Il commence alors les travaux de construction de l’abbaye. Avant sa mort, Bernon choisit son successeur en la personne d’Odon qui entre en fonction en 927.

En théorie, ce sont les moines qui doivent normalement élire l’abbé ; mais dans les faits, c’est le plus souvent l’abbé qui désigne son successeur qui est accepté par les moines qui votent, du moins c’est ce qu’il se passe durant les 3 premières successions. Puis, les abbés mourants présentent leurs successeurs aux moines qui restent et ils les font élire abbés à leur tour. On peut alors dire que cette élection n’est pas un vote comme on l’entend actuellement, mais plutôt comme un choix. Une fois élu, l’abbé est présenté à l’autorité séculière qui est investi dans sa fonction d’abbé avec le fait qu’il reçoive une crosse. Puis, il va auprès du Pape et l’intègre dans l’ordre des abbés. A partir de 1078, l’abbé doit être prêtre et reçoit les privilèges pontificaux : la mitre, la croix pectorale, des anneaux, des gants, des sandales et des petites tuniques.

Ces élections des moines est alors certes présent dans la règle que les moines doivent suivre, mais c’est aussi une façon de s’émanciper du pouvoir temporel.

C - L’autonomie du monastère par rapport au pouvoir temporel

L’un des préceptes de l’abbaye de Cluny est l’idée de ne pas se soumettre aux pouvoirs temporels et seigneuriaux qui se trouvent aux alentours de l’abbaye, mais aussi l’exemption des pouvoirs du roi. Cette exemption ne s’applique pas au Pape, puisque c’est au pape qui revient la tâche d’assurer la protection de l’abbaye. C’est une abbaye que l’on dit immunitaire, c’est-à-dire qu’elle ne se soumet à aucun pouvoir autre que celui du Pape. De plus, Guillaume Le Pieux menace aussi toutes les personnes qui veulent prendre possession ou porter atteinte à l’abbaye seront frappés d’anathème, c’est-à-dire une malédiction infligée par Dieu à cette personne.

Cette autonomie de l’abbaye par rapport au pouvoir temporel sera d’ailleurs reprise quelques temps plus tard pour la réforme grégorienne qui envisage une plus grande indépendance de l’Eglise vis-à-vis des pouvoirs seigneuriaux pour que le clergé puisse réaliser pleinement son rôle, tout en tentant d’éviter la simonie. Sous Odon, l’indépendance de l’abbaye est à son paroxysme, puisqu’elle fonde une bibliothèque, des écoles (théologie, grammaire et musique) et obtient même le droit de battre monnaie.

III- Les motifs de la donation

A- La quête du salut

Le don du duc d’Aquitaine est tout d’abord religieux. En effet, l’idée d’offrir à un monastère un si grand domaine foncier a une idée de permettre le salut de l’âme du duc mais aussi de l’âme de ses proches grâce aux prières des moines. Il demande aux moines de prier pour le salut de sa femme, avec qui il s’était marié pour faire en sorte de renforcer les liens entre la Provence et la Bourgogne, mais aussi pour le roi Eudes, roi Robertien contre qui Charles le Simple se bat pour récupérer son trône.

On pourrait aussi dire que Guillaume a fait l’offrande aux apôtres Pierre et Paul afin que les deux apôtres puissent l’accueillir au Paradis, St Pierre étant désigné habituellement par les chrétiens comme le gardien des clés du Paradis.

B- Une nécessité politique

Cette offrande est certes de nature religieuse afin de rechercher le salut divin, mais elle est aussi, et cela est très important, une offrande qui a un but politique. En effet, le fait de donner tout le domaine de Cluny pour construire une abbaye est aussi une façon d’imposer son autorité dans le Macônnais, qui est un territoire stratégique.

Pour conclure, on peut dire que Guillaume Le Pieux, à travers sa charte a permis de construire de véritables bases pour son abbaye. A travers

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