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Jerzy Ryszard Zieliński : Un artiste polonais qui résiste à l'oppression au XXe s.

Par   •  22 Novembre 2017  •  2 063 Mots (9 Pages)  •  1 797 Vues

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On peut donc voir ici la Pologne, ouvrant la bouche pour s’exprimer, peut-être même crier, appeler au secours, interdite de parole par le gouvernement, le régime communiste.

Cette oeuvre nous rappelle l’expression française «clouer le bec», quand on laisse son interlocuteur sans parole.

A travers cette oeuvre, Jerzy Ryszard Zieliński dénonce la censure par le gouvernement communiste d’un peuple opprimé essayant de s’exprimer.

2ème oeuvre : The Smile, or thirty years, Ha, Ha, Ha

The Smile, or thirty years, Ha, Ha, Ha, traduit en français par «Le Sourire, ou trente ans, Ha, Ha, Ha», est une peinture de Jerzy Ryszard Zieliński datant de 1967 à 1974 peinte à l’occasion de la commémoration des trente ans du régime communiste en Pologne.

Cette huile sur toile mesure 58.5 x 70 cm, elle est de petit format et appartient à la collection de la Fondation Polonaise d’Art Moderne, de Warsaw. Le courant artistique est, comme pour « Le Sourire », le Pop art.

1ère partie : Un symbole de la Pologne : 30 ans d’oppression

Cette peinture est composée de lignes simples et d’aplat. La composition est très simple, le graphisme efficace. Les trois couleurs utilisées sont le bleu pour le fond et le rouge et le Blanc pour les lèvres qui nous évoquent les couleurs du drapeau polonais (blanc pour la pureté de la neige, le rouge pour le sang versé).

Les trois croix sur la bouche représentent trois X, trente en chiffres romains car cette oeuvre a été crée en marge du trentième anniversaire du régime communiste en Pologne (1944-1974).

XXX était alors le signe officiel pour la commémoration des trente ans du régime. On retrouvait ce nombre romain sur les pièces de monnaies : XXX lat PRL (signifiant XXX ans Régime Populaire de Pologne) était frappé sur les pièces de 200 złotych (monnaie polonaise).

2ème partie : Un outil d’oppression : la censure

Ces trois croix représentent également des points de suture, le régime communiste a muselé le peuple, l’empêche de s’exprimer librement. Ces croix sont aussi le signe de la négation, la bouche est «barrée», la parole est niée, la liberté de parole n’existe plus. Trente ans de communisme, pour Zielinsky, a plongé son pays dans un mutisme forcé.

C’est une métaphore du silence illustrant l’absence de libertés d’expression.

3ème partie : la dénonciation par l’ironie

Dans cette oeuvre, Jerzy Ryszard Zieliński utilise l’ironie. « The smile » (le sourire) est le premier mot du titre, la bouche esquisse un léger sourire sur la peinture alors que l’oppression, la censure n’est pas un concept joyeux. Cette bouche n’a aucune raison de sourire puisqu’elle est comme muselée.

« Ha, Ha, Ha » à la fin du titre de l’oeuvre est l’onomatopée du rire alors que la bouche est réduite au silence, à l’opposé du rire qui est bruyant.

« Trente ans, ha, ha, ha » : quand on lit cette phrase, sans mettre le ton et sans mimer un rire, cela reviens à une moquerie, l’artiste semble dire « trente ans de communisme, laissez-moi rire. Il n’y a rien de drôle, rien de réjouissant à avoir vécu si longtemps sous le joug de l’URSS. »

Jerzy Ryszard Zieliński emploie un symbole de la vie quotidienne des polonais (le drapeau, le symbole de la commémoration des trente dernières années de communisme) et l’ironie pour dénoncer la censure et l’oppression que subit son peuple.

Conclusion :

Depuis la Renaissance, les artistes ne sont plus des artisans, ils se sont affranchis petit à petit des commandes que les mécènes leur passaient, depuis la photographie, ils se sont affranchis du besoin de représentation qui étaient attendue d’eux et ont pu gagner en liberté d’expression.

Au cours du XXème siècle beaucoup d’entre eux ont décidé de mettre leur art au service de leurs idées, notamment politiques. Certains ont été condamnés pour leurs idées, certains ont pris des risques immenses; comme Thierry Noir qui peignait (des personnages pourtant bien inoffensifs en soit) au risque de sa vie. Charlie Chaplin dénonce, dès 1940 en mimant le Führer sans ambiguité aucune et donne sa propre version de ce que doit être un gouvernant, un chef d’état. La bonne version, la seule qui devrait exister.

John Heartfield n’hésite pas à faire des comparaisons avec les tortures infligées durant le Moyen Age, et ce bien avant qu’Hitler ait pris le pouvoir en Allemagne et que les camps d’extermination aient vu le jour. Il est très conscient de ce qu’est le Nazisme et de ce que ce parti politique sera capable de faire une fois au pouvoir.

Marjane Satrapi à travers ses bandes-dessinées utilise l’humour et la dérision pour montrer aux occidentaux ce qu’est son pays, alors qu’il est fermé au reste du monde.

Chacun utilise un médium (photo-montage, film, dessins, peinture) différent, mais au service d’une même cause : la dénonciation, la résistance à l’oppression.

Leur art est leur arme. Chacun combat comme il peut, chacun apporte sa contribution à une lutte donnée. Au XXéme siècle, le rôle des artistes est de communiquer les message que les médias censurés ne peuvent pas transmettre.

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