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L'autodérision

Par   •  28 Novembre 2018  •  1 260 Mots (6 Pages)  •  198 Vues

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Rire de soi n’implique ni méchanceté ni agressivité, mais à se moquer avec indulgence. Une forme d’excuse en somme. Rire de soi n’a rien de dénigrant. C’est une façon d’être à l’écoute des autres, une manière de leur dire : je sais, j’ai des défauts mais en être conscient c’est déjà un engagement à s’amender. L’autodérision confère à la personne qui la pratique une forme d’authenticité, qui amène son interlocuteur à la percevoir sans arrière-pensée, sans jugement déformé.

Etre capable de rire de soi prouve que l’on a su prendre du recul, de la distance et qu’on est à même d’évoluer, de passer d’un défaut ou d’une carence au « ce n’est pas si grave que ça ». Par contre, l’autodérision n’est pas un aveu de mal-être ou de mésestime de soi. Là où le cynisme n’amène que jugement et manque d’engagement dans la vie, l’humour sur soi permet de prendre de la hauteur pour s’affirmer.

Toutefois, l’autodérision n’est pas un « rire protection » que certains utilisent pour amuser les autres en espérant qu’ils seront prêts tout leur pardonner. Ce n’est pas plus une forme d’humiliation, même si elle favorise l’humilité. Non, pour être bénéfique, cet humour-là emprunte des voies plus exigeantes: celles de l’authenticité et de la bienveillance.

L’autodérision nécessite d’abord une excellente connaissance de soi. Celui qui rit de lui-même sait combien il est râleur, ou peureux, ou arrogant ou bavard. Quelles que soient ses failles, il ne les dénie pas, mais les accepte et s’en sert pour progresser. Ceux qui sont les plus habiles à développer cette clairvoyance sur eux-mêmes sont généralement capables d’affronter leurs travers et leurs angoisses pour les mettre en scène. Woody Allen en est un exemple type. Savoir émouvoir les autres avec ses failles peut devenir un trésor. On peut s’appuyer sur ses manquements ou ses ennuis pour renaître plus libre, comme lorsque nous quittons le cabinet de réflexion.

Celui qui est capable d’autodérision sait qu’il n’a rien à y perdre puisque c’est ainsi qu’on l’aime. Ainsi, l’autodérision, et l’acceptation profonde de soi qu’elle apporte, opère une véritable transformation. Celui qui ose dire sa vérité peut laisser tomber certaines normes qui l’entravaient. Il renaît alors à un nouvel état, empreint d’une plus grande liberté et d’une vraie sérénité, deux qualités éminemment utiles en Franc-maçonnerie. Dès lors, on comprend pleinement les vertus du travail symbolique en Loge pour rendre le franc-maçon plus tolérant et plus sociable, c’est à dire meilleur. En effet, nos rituels ont pour but et vertu de créer de la distanciation, ce qui est précisément l’un des buts de l’autodérision.

En conclusion, j’aimerai rappeler la phrase qu’on attribue, peut-être à tort d’ailleurs, à Boris Vian : « L’humour est la politesse du désespoir ».

L’ironie peut en effet souligner le caractère ridicule, insolite ou absurde de certains aspects de la personnalité d’un individu ou d’une situation. Mais l’autodérision, expression plus humble, plus généreuse et plus exigeante permet de transcender une situation difficile, douloureuse, ou de pallier un manque, une carence. Elle contribue ainsi à une meilleure socialisation et à une progression de la confiance et de l’estime de soi. Notre Frère Pierre Dac, qui s’attachait à entretenir l’esprit d’autodérision au sein de la confrérie nous a laissé un rituel qui est un modèle d’autodérision collective.

Le temple que nous bâtissons n’est jamais construit il n’y a pas de temple fini ; il n’y a que du travail ! Du travail sur nous-mêmes.

En préambule, j’avais cité un homme politique lyonnais, il est donc juste que je termine sur la citation d’un autre lyonnais, prêtre et philosophe: « Bienheureux celui qui a appris à rire de lui-même. Il n’a pas fini de s’amuser !

Vénérable Maître, j’ai dit

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