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Admonitio generalis

Par   •  13 Mars 2018  •  2 748 Mots (11 Pages)  •  21 Vues

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Des lignes 65 à 77, Charlemagne liste la profession de foi chrétienne soit l'ensemble des principes sur lesquels un fidèle fonde son opinion et sa conduite religieuse. On connaît cette liste sous le nom universel de Credo, instauré par le IIIe concile de Tolède en 589 et largement répandu. Celui ci d’ailleurs sera au centre d’une querelle entre les Orthodoxes et les catholiques qui plus tard sera une des raisons du schisme. Ce credo est tout à fait similaire à celui que nous connaissons de nos jours mis à part la nomination du diable mais son but est tout a fait efficient. Il formate la foi et croyance chrétienne en un seul chant et ainsi rappelle l’unité religieuse.

Aux lignes 60 à 64 : « Que les prêtres […] prêchent bien et dignement ; et ne permettez pas que certains inventent selon leur sentiment des choses nouvelles ou non canoniques, qui ne soient pas conformes au saintes Ecritures […] », si toutefois il immisce l’idée de surveillance des clercs qui sera développé plus tard, Charlemagne met en avant surtout son choix des saintes écritures regroupées dans la Bible comme modèles et références uniques. Tous les clercs célèbreront la messe sur la même liturgie et les fidèles entonneront le même psaume.

b) l’instruction pour atteindre l’éveil spirituel

La pratique d’une foi pure n’est néanmoins pas aussi facilement abordable dans les faits. Charlemagne d’ailleurs révèle aux lignes 36 à 38 « [les prêtres] comprennent bien les prières des messes et chantent dignement les psaumes suivants les divisions des versets et comprennent eux mêmes les prières du seigneur et les fassent comprendre dans la prédication afin que chacun sache ce qu’il demande à dieu » que la prêche est inutile dans un premier temps sans une compréhension complète de la parole religieuse mais surtout peut conduire à des modifications involontaires de celle-ci. Les psaumes, les lectures saintes et les chants doivent être alors enseignés non plus en tant que simple récitation mais décryptés sur leur signification et leur rôle. Les libertés personnelles ne seront donc plus permises puisque les textes seront connus de chacun et leur modification repérables.

Outre à l’oral, c’est aussi le contenu de la bible de laquelle découle l’ensemble des textes liturgiques, qui doit être en accord à la foi prônée par Charlemagne et celle su siège épiscopale. C’est pourquoi aux lignes 50 à 52 « corrigez bien dans chaque monastère ou évêché les psaumes, les notes, les chants, le calcul, la grammaires et les livres catholiques ; car souvent certaines lorsqu’ils désirent bien prier, prient mal du fait que les livres ne sont pas corrigés » Charlemagne alerte sur les failles liturgiques qui pourraient entrainer une pratique de la foi chrétienne incorrect. En effet depuis la nouvelle traduction de saint Jérôme au IVe siècle, la Bible accumule les erreurs et les fautes des copistes. Charlemagne ordonne la correction des textes notamment en latin, une langue savante et commune à l'administration et à l'Église.

Ainsi donc, la nécessité de l’enseignement prend tout son sens à la ligne 50 « qu’il y ait également des écoles pour l’instruction des garçons ». Pour Charlemagne, l’instruction à l’école permet aux enfants futurs fidèles de l’Eglise de part l’apprentissage de la lecture, de pouvoir lire la bible et toute la liturgie chrétienne tout en étant dans la compréhension des écrits pour ainsi discerner la foi vraie de la parole hérétique. L’enseignement de l’écriture, elle vise à former efficacement les futurs clercs réguliers dans leur rôle de copistes pour ne plus commettre d’erreur dans le recopiage des écrits saints. D’où sa volonté exprimée ici de multiplier les écoles pour former des fonctionnaires du royaume et futur empire et celle d'un personnel qualifié pour prier, chanter, prêcher et évangéliser. On peut d’ailleurs remettre en cause la paternité de Charlemagne à propos de son invention de l’école tant encensée depuis des siècles. L’école a toujours existé et s’est développé à la chute de l’empire romain dans les monastères.

III/ Obtenir l’obéissance pour garantir l’unité morale et spirituelle du vaste royaume.

a) L’impulsion de l’Auctoritas : loi et missi

Le vaste territoire franc et l’éparpillement la population oblige Charlemagne mettre en place une cohérence politique pour dominer ainsi les hommes et l’espace et garantir le respect de ces admonitions et ainsi d’une moral. Les lignes 19 à 21 « Pour cette raison, nous vous envoyons nos Missi, afin qu’ils redressent avec vous, au nom de notre autorité, ce qui devrait être redressé » mettent ainsi en avant la solution trouvée par le roi pour gérer son royaume : les missi. Il s’agit d’inspecteurs itinérants, voyageant par petits groupes majoritairement avec un comte et un évêque. Ils visitent quatre fois par an dans le meilleur des cas six à dix comtés. Les missi dominici aussi appelé par Charlemagne « mon œil et ma main » ce qui confère davantage le caractère représentatif du roi, portent les instructions détaillées du roi, s’assurent que les ordres sont exécutés, recueillent les plaintes qui peuvent être formulées par les sujets et les seigneurs locaux et rendent compte de leurs observations au roi qui juge à son tour si telle décision est positive pour les sujets ou si elle nécessite d’être modulée. D’ailleurs, cette délégation correctrice de Charlemagne aux missi est tout a fait légitime. Le mot « autorité » dans la citation est en fait la traduction plus contemporaine de « au nom de l’Auctoritas ». Ce terme révèle ici l’autorité ainsi suprême de Charlemagne. Sous les rois mérovingiens, les agents ne représentaient le prince que par sa potestas soit le pouvoir de prendre des décisions, de commander, d’exiger l’obéissance dans un domaine donné en recourant à la contrainte, le cas échéant. Ici, l’Auctoritas dépasse la puissance légale de contraindre mais sur le prestige de la personne. Elle est l’art d’obtenir l’obéissance sans recours à la menace ou à la contrainte. Elle émane de la personne, c’est ce que confirme l’étymologie puisque le terme est dérivé d’auctor, l’auteur, celui qui est cause première. Ainsi donc, on observe ici que l’autorité spirituel dépasse celle temporelle et les sujets ne peuvent que obéirent à ce roi qui ne veut que leur salue.

b) La prédication ou la menace divine.

Aux lignes 32 et 33, on peut lire « Dieu tout puissant

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