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Liturgie

Par   •  13 Février 2018  •  3 189 Mots (13 Pages)  •  195 Vues

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3) L’expérience de la participation à l’offrande de Jésus au Père par une communion filiale :

Ce mouvement d’accueil n’est rien d’autre que le mouvement d’une prière qui est dialogue. Nous découvrons alors que « la liturgie est épiphanie de l’Eglise en prière »[3] et que l’eucharistie en est le sommet et la source. En effet, la prière liturgique chrétienne trouve sa singularité dans l’expérience d’un dialogue et dans une attitude profondément eucharistique, c’est-à-dire une attitude sacrificielle et de communion. Tout d’abord, cette attitude d’offrande exprime le consentement à la réalité de la mort par un mouvement intérieur de renoncement à soi-même. « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive »[4]. Toutefois, en nous projetant vers la résurrection, c’est une invitation à accepter notre mort et nos morts de la vie quotidienne pour recevoir la vie de Dieu en abondance. Nous devenons ainsi le temple de Dieu où nous avons à rendre un culte spirituel en offrant notre vie à l’imitation du Christ.

Par conséquent, cette exigence de mort à soi demande de laisser toutes nos préoccupations non pas de côté mais à Dieu. C’est faire silence intérieurement en ayant une attitude d’écoute pour que le Verbe de Dieu agisse efficacement en nous. En effet, la célébration eucharistique devient le lieu où nous expérimentons un dialogue qui nous transforme et qui nous oriente vers la communion eucharistique. Elle ébranle nos résistances intérieures et elle éclaire notre conscience pour nous façonner à l’image du Fils de Dieu. Ainsi la parole de Dieu nous fait-elle cheminer vers la communion eucharistique en transformant, par l’action de l’Esprit Saint, notre dialogue en communion filiale avec Dieu le Père.

II) L’expérience de l’ecclésia eucharistique

1) La célébration eucharistique lieu d’expérience de l’ecclésia :

Nous avons vu que la célébration eucharistique amène le participant à faire l’expérience d’une rencontre avec Jésus le Verbe de Dieu qui déploie la grâce filiale par la participation à son offrande. Cette expérience intime, toutefois, ne peut pas se vivre pleinement si elle ne s’enracine pas dans l’expérience de l’assemblée. En effet, l’origine du mot Eglise permet d’approfondir le sens de la participation active dans la célébration eucharistique. Le mot ecclésia, dans les premiers temps de l’Eglise, signifiait plus l’assemblée que le bâtiment en lui-même. Pour les premiers chrétiens la célébration de la Cène était avant tout un acte communautaire. Ainsi sommes-nous appelés à la messe pour aller à la source de notre relation à Dieu mais aussi à la source de ce qui constitue la communauté ecclésiale, c’est-à-dire l’eucharistie.

La célébration eucharistique est le signe de la diversité de l’Eglise. En effet, en plus de la diversité physique et sociale, la messe est rythmée par des gestes qui signifient la profession de foi de l’assemblée. Comme par exemple, le signe de la croix signifiera l’appartenance de l’assemblée à Jésus mort et ressuscité pour nos péchés. Toutefois, par le témoignage verbo et exemplo, ces gestes sont signes de la singularité de la relation de chaque membre avec Dieu. Comme par exemple, dans la concélébration, les gestes des mains élevées au-dessus du pain et du vin marquent l’unité mais aussi la diversité par l’attitude corporelle et la voix. De plus, ces signes de l’assemblée sont également eschatologiques. La messe est signe de la communion avec l’Eglise du ciel. Pour illustrer cela, nous pouvons faire référence à la prière eucharistique où le célébrant demande l’intercession des saints. Ainsi la messe est-elle le lieu privilégié pour vivre une expérience communautaire et eschatologique où se vit la communion des saints.

2) La célébration eucharistique révèle l’Ecclésia comme corps du Christ :

En plus de l’expérience de la communion des saints, nous sommes appelés par la participation active à faire l’expérience de l’Eglise comme corps du Christ. Comme dit saint Paul : « Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps : car nous participons à cet unique pain »[5]. De ce fait, la célébration eucharistique est le lieu de fondement et de croissance de l’assemblée en tant que corps du Christ. Depuis la dernière Cène, l’Eglise n’a eu de cesse de se fortifier et de grandir comme corps du Christ. Aujourd’hui, dans la célébration eucharistique, ce mystère s’exprime par les ministères qui sont organisés de façon hiérarchique mais animés d’une attitude de service. Ainsi la diversité des vocations va-t-elle s’exprimer par l’exercice conjoint du sacerdoce baptismal et du sacerdoce ministériel de façon complémentaire comme les organes d’un corps. En reconnaissant la place de chacun et en acceptant chacun son rôle, la célébration eucharistique révèle le Christ comme la tête de l’Eglise qui assume chaque baptisé dans son corps.

3) L’Eglise : une attitude eucharistique :

En expérimentant que la célébration eucharistique révèle l’ecclésia comme corps du Christ, nous découvrons que notre participation active doit nous ouvrir à la dimension communautaire. En effet, si Jésus Christ nous assume en nous prenant dans son corps nous devons aussi, en accueillant le corps eucharistique du Christ, accueillir les membres de son corps. Puisque, dans la foi, nous reconnaissons que le Christ nous assume dans une radicale solidarité, nous devons nous aussi suivre le chemin de cette radicale solidarité avec les membres de son corps. L’expérience de la célébration eucharistique doit transformer de manière théologale notre regard sur le prochain. Par conséquent, cela doit se traduire par une attitude cohérente avec notre foi. La célébration eucharistique doit être « la source et le sommet »[6] où s’expérimente et se révèle la charité de Dieu à travers ses membres. Par exemple, le geste de paix pendant la célébration fait partie du rite. Ce geste rituel signifie que les membres sont le signe de la présence de Dieu. Cette salutation néanmoins est plus qu’un geste social ou culturel ; donc c’est une expérience du don que Dieu nous fait pour le transmettre et le recevoir des autres. Ainsi devons-nous, comme l’eucharistie qui est le sacrifice de communion, avoir une attitude de sacrifice et de communion envers chaque membre de ce corps mystique qu’est l’Eglise. L’expérience

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