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Etudes politiques du conflit colombien

Par   •  27 Novembre 2018  •  4 183 Mots (17 Pages)  •  142 Vues

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I. Aspect statique du conflit

1. Des idéologies opposées

De manière simplifiée l’on peut dire que le conflit colombien trouve ses fondements dans le clivage politique le plus célèbre, le clivage « gauche/droite ». En effet c’est en 1948 que débute la période de la violencia dans un contexte international tendu. Au lendemain de la seconde guerre mondiale le monde commence à se diviser en deux camps opposés, d’un côté le communisme soviétique et de l’autre le capitalisme américain. L’assassinat du leader du parti libéral Jorge Gaìtan qui effrayait les responsables du parti conservateur par sa popularité et ses idéaux marqués à gauche met le feu aux poudre, la population est sous tension et la situation s’embrase. La répression mené par le parti conservateur en réaction aux émeutes et aux manifestations pousse certains citoyens a formé des groupuscules armé dont le but est de continuer à défendre les idées de gauche au sein du pays. Le gouvernement conservateur colombien est de son côté dans une optique de capitalisme pro-américain, ne laissant aucune place aux revendications socialistes qui peuvent être émise par la population. Dans les années 60 les mouvements révolutionnaires de gauche commencés en 1948 prennent de l’ampleur avec l’apparition de guérillas organisées comme les FARCS qui adoptent une idéologie marxiste. Le marxisme porte le nom de son père fondateur Marx, le principe fondateur de ce courant de pensée politique repose sur l’idée de lutte des classes, la classe dominée doit lutter contre les propriétaires capitalistes qui l’exploitent. Marx est, avec Engels, le fondateur du communisme dont le principal attrait est la redistribution des richesses, en cela on peut qualifier les guérillas révolutionnaire colombienne de communistes, en effet lors de leurs créations leurs principales revendications sont une réforme agraire, l’éducation publique gratuite ainsi qu’une réforme démocratique, entre autres ( cisqo.ca, Quels droits pour les travailleuses et travailleurs en Colombie ? ). Il est vrai que le problème de la répartition des richesses en Colombie est frappant, en effet actuellement selon les Nations Unies, il s'agit de l'un des pays les plus inégalitaires en termes de distribution des terres : 52 % des terres agricoles sont aux mains d'à peine 1% de la population ( justiceetpaix.be, Vers le fin du conflit avec les FARC en Colombie ? , Santiago Fischer Commission Justice et Paix Belgique francophone, Avril 2013 ). En plus d’être profondément capitaliste le gouvernement Colombien, notamment le parti conservateur, a exercé une forte répression dans le pays, comme en témoigne l’histoire, les violations des droits de l’Homme en Colombie ont était de mise tout au long du 20ème siècle, c’est par exemple en réponse à la violence que leurs fait subir l’état que les paysans se révolte et crée des guerilla durant la période de la violencia, de plus l’état utilise des « moyens sales » dans sa lutte contre le communisme notamment le mouvement paramilitaire qui est en lien avec l’etat et dont ce dernier se sert pour effectuer le « sal boulot » en effet le conflit a été marqué par de nombreux massacres et assassinats collectifs : plus de 2 300 assassinats à travers quelque 393 massacres ont été répertoriés (cisqo.ca, Quels droits pour les travailleuses et travailleurs en Colombie ? ). « La singularité de la situation colombienne réside dans le fait que les citoyens sont bien en présence d’une démocratie, mais avec une violence politique extrême » (amnesty.be, Regard sur le conflit Colombien, Audrey Laviolette). On peut pour résumer, qualifier la politique du gouvernement Colombien d’autoritaire, ce n’est que récemment sous la présidence de Juan Manuel Santos que l’état Colombien a commencé à adopter une politique de compromis. Les intellectuels de gauche ont auparavant était persécuté civils ou non au même titre que les guérilléros, dans un pays où la peur du communisme avait surpassé la raison et les droits humains fondamentaux.

2. Les acteurs leurs revendications et leurs rôles

Le conflit armé colombien trouve son intérêt dans la pluralité de ses protagonistes. En effet s’il s’agissait à la base d’un conflit simple opposant des révolutionnaires de gauches à un gouvernement autoritaire de droite, au fil des décennies de nouveaux acteurs se sont glissé dans le jeu politique chacun essayant de protéger ses intérêts. Au centre du conflit se trouve le trafic de cocaïne qui est en effet le moteur de cette guerre. Au jour d’aujourd’hui les acteurs du conflit sont les guérillas révolutionnaires tel que les FARCS ou l’ELN, le gouvernement, l’armée au service de ce dernier, les groupes paramilitaire tel que BACRIM qui a succéder au groupe AUC, autodéfenses unies de Colombie, ainsi que les grands propriétaires terriens et les narcotrafiquants dont font d’ailleurs parti les FARCS et les paramilitaires.

Les groupes paramilitaires sont des acteurs assez énigmatiques dont les connections possibles avec le gouvernement et les hautes sphères Colombiennes en général restent floues. L’origine de ces groupes remonte aux années 80, l’essor du narcotrafic à cette époque amène les guérillas à pratiquer de nouvelles méthodes ils obligent notamment les narcotrafiquants à leurs verser une part du revenu procuré par la drogue en pratiquant des enlèvements systématiques. Ce genre de pratique est aussi appliqué par les FARC avec les grands propriétaires terriens, c’est ainsi que naissent les groupes paramilitaire « d’autodéfenses » en Colombie, ils trouvent leurs origines dans le groupe armé MAS, Muerte a Secuestradores, ce qui signifie « mort aux kidnappeurs », « une alliance formée dans les années 1980 entre l’armée colombienne, la police, les hommes d’affaires et propriétaires terriens du centre du Magdalena » (Human Rights Watch, War Without Quarter. Colombia and International Humanitarian Law, HCR, New York, 1998, p.100). En 1997 avec la création du groupe AUC, par le narcotrafiquant Carlos Castrano le mouvement paramilitaire prend une ampleur considérable et commence à peser lourd dans la partie. Les « groupes d’auto-défenses » n’ont pas de revendications propres, ils sont un instrument utilisé par les grands propriétaires terriens pour défendre leurs terres et, officiellement, pour aider le gouvernement qui ne parvient pas à contenir les forces révolutionnaire c’est d’ailleurs la raison pour laquelle le gouvernement tolère ces groupes armés et leurs confère une légitimité. Dans les faits cependant il s’avère que le gouvernement

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