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Sujet de dissertation : les raisons de l'absolutisme royal à la fin des guerres de religion

Par   •  15 Octobre 2018  •  2 136 Mots (9 Pages)  •  174 Vues

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II) C’est principalement sus le règne d’Henri IV, de Louis XIII et Louis XIV que l’absolutisme s’épanouit. Beaucoup de théoriciens et particulièrement Richelieu et Bossuet vont permettre de faire évoluer le régime monarchique absolutiste en rendant compte de certaines limites qui freinaient l’évolution de l’absolutisme de l’ancien régime. Richelieu et Bossuet ont constaté deux principales limites ; une limite religieuse : le droit divin impose au roi tout autant de droit qu’il lui confère de droit, ce qui constitue des barrières morales à l’exercice du pouvoir royal. La deuxième limite est le respect du droit naturel qui postule l’inviolabilité des personnes et leurs biens. Tous ces éléments constituent donc un bloc juridique supérieur à la volonté du roi et auquel il devrai obligatoirement se soumettre, ce qui n’est visiblement pas bénéfique à un bon exercice du pouvoir. Richelieu et Bossuet vont donc venir rationnaliser les principes absolutistes du gouvernement monarchique et ainsi le faire « évoluer ».

Pour Richelieu, il ne peut y avoir qu’un seul dirigeant de l’état car « rien n’est plus dangereux que diverses autorités légales en l’administration des affaires ». Il exclut toute collégialité au sommet de l’état et est très hostile face à la consultation des états provinciaux. Il reproche aussi au parlement d’intervenir de manière inopinée dans les affaires politiques. Il consent l’appui du Prince sur la noblesse et veut ségréguer le peuple en le mettant a l’écart de tout ce qui touche de près ou de loin a la politique ou au gouvernement. Richelieu rejoint donc l’idée de Machiavel qui entend légitimer et justifier les actions politiques du Prince par la raison d’état. Rien d’autre ne doit lui dicter son action, sauf le soutient avisé d’une association de ministres (grand maximum quatre) avec a leur tête un Ier ministre qui selon Richelieu se doit être le bras droit du Prince pour la simple et bonne raison que « gouverner » est une tache beaucoup trop lourde pour le roi, qui ne peut exercer seul la direction du royaume. Il décrit le Ier ministre comme étant une personne compétente, courageuse, et indépendante à toute autre autorité en soulignant le fait qu’une totale confiance mutuelle entre le Ier ministre et le Prince est primordiale. Avec cet association des ministres, le roi se trouve donc déchargé de devoir tout faire en détail, ce qui permet une plus grande efficacité du pouvoir gouvernemental, qui pour le rappeler, tient sa légitimité et justifie tout ses actes de par la raison d’état, probablement dans un but déjà prémédité : satisfaire ces propres intérêts ainsi de ceux sur qui il s’appui.

Lorsqu’un comportement humain ne trouve sa justification qu’en tant que moyen en vue d’une fin pour satisfaire son intérêt propre, se pose la question de savoir si la fin en soit est justifiable. Et ce questionnement doit conduire en définitive a supposer une fin ultime ou suprême. L’ absolu en général et les valeurs absolues, sont au-delà de la raison humaine, pour laquelle n’est possible qu’une solution conditionnée. C’est pour cette raison que la théorie de l’évêque de Maux Bossuet est plus intéressante pour un monarque de l’époque que celle de Richelieu. L’absolutisme théocratique de Bossuet atteint les sommets en la matière d’absolutisme. Un véritable culte du monarque est mis en place. Il dévoile l’essentiel de sa pensé dans son œuvre « la politique tirée des propres paroles de l’écriture sainte. », dont le titre donne déjà un aperçu du fond de sa pensée. Pour Bossuet la monarchie est essentielle car elle assure l’unité et l’ordre du pays. Le pouvoir monarchique est pour lui un symbole d’autorité qui permet de freiner les violences, réprimer les passions, d’éviter les divisions et le recours à la force. Dieu seul est le vrai roi qui assure son autorité sur l’ensemble des individus ses normes n’ayant jamais été contestés car elles dépassent l’entendement humain. Le pouvoir est donc une invention divine déléguée par la suite a un roi jouant le rôle d’intercesseur entre l’universel et le monde terrestre . Le besoin de justification absolue lui semble plus fort que toute considération rationnelle. C’est pour cette raison que l’homme se tourne vers la religion qui est une entité absolue, afin d’y trouver, cette justification « absolue ». Un homme qui croit en Dieu croit donc en une justice absolue. Imaginez donc ce que devient un homme qui détient son pouvoir de Dieu. Il détient donc une autorité que l’on pourrai décrire de « surhumaine » dont les propriétés et les fonctions sont , de base, inaccessibles a la connaissance de l’homme. La détermination des valeurs absolues obtenues par ce biais par ceux qui aspirent a gouverner, révèlent n’être que des formules creuses sur le fondement desquels n’importe quel ordre social peut être justifié comme juste, et ce, même pour uniquement satisfaire des intérêts propres. En conséquence, enfreindre les ordres d’un tel gouvernement c’est désobéir a Dieu et commettre un sacrilège. De la sorte, le régime, monarchique est pour cette raison l’unique forme possible de pérenniser l’état selon Bossuet. La question est donc désormais de se demander combien de temps un tel régime , qui confère un tel pouvoir immense, peut survivre du fait du caractère maladroit et de la soif de pouvoir de la nature de l’homme, et si cela ne va pas de manière logique, avec le temps aboutir a un abus de pouvoir et donc une révolte du peuple. Dans tout les cas, si nous pouvons apprendre quelque chose de l’expérience du passé, c’est bien que la raison humaine ne peut se saisir que des valeurs relatives, ce qui veut dire que le jugement à l’aide duquel une chose est considérée comme juste, ne peut prétendre exclure la possibilité d’un jugement de de valeur opposé. Il n’y a que des intérêts humains et par conséquent que des conflits d’intérêts.

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