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La monarchie de l'Ancien Régime était-elle absolue ?

Par   •  30 Novembre 2018  •  4 372 Mots (18 Pages)  •  32 Vues

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C’est la dernière et principale source de l’installation de l’absolutisme monarchique, la dimension religieuse. Bossuet est un des plus importants théoriciens de ce qu’on appelle la monarchie de droit divin, pour lui l’autorité du roi se doit d’être sacrée c'est-à-dire qu’elle ne peut être comprise par les hommes, son autorité doit être paternelle dans le sens ou ses sujets ne peuvent se gouverner seuls, et enfin son autorité doit être absolue et soumise à la raison, ici divine. En clair, le roi étant désigné par Dieu et considéré comme son seul intermédiaire sur Terre, il ne peut rendre de comptes qu’à Dieu et est donc délié de toutes les lois hormis les normes divines. De par cette théorie, on vient légitimer l’assise absolue de la monarchie, elle se doit de réunir les pouvoir législatifs, exécutifs et judiciaires en son sein car étant la seule intermédiaire avec Dieu, personne d’autre que le roi n’aurait légitimité à exercer un de ces pouvoirs. Le roi en sa personne est donc au-dessus de tout individu ou entité, on ne peut remettre en cause ses décisions ou en prendre à sa place, les institutions présentes, hormis l’Etat, ne sont là que pour transmettre le bon-vouloir du monarque, à la limite le conseiller et ensuite appliquer ses décisions. La notion d’Etat devient ainsi suprématiste, elle est supérieure à toute autre entité hormis Dieu ; mais aussi permanente, le roi n’étant qu’un corps physique au sein duquel tous les pouvoirs se concentrent, il est mortel, à l’inverse de l’Etat qui demeure infiniment et ne peut disparaitre.

La structure fragmentée de la société permet le libre exercice du pouvoir monarchique qui est soutenu par la légitimation divine de cet absolutisme. Dans les faits, le roi peut donc opérer son pouvoir en toute liberté et cette liberté s’applique en grande partie au sein du troisième ordre qui, contrairement au clergé et à la noblesse, n’a aucune possibilité, pour le moment, de s’ériger en contre-pouvoir. De plus la dimension religieuse soustrait les sujets du roi à son pouvoir absolu et tue toute possibilité de contestation.

- La monarchie déliée de toutes contraintes

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est le tiers qui soutient le plus l’absolutisme monarchique, la noblesse considérant qu’elle a perdue de son influence par rapport à la société moyenâgeuse et le clergé voulant conserver sa prééminence religieuse sur les décisions royales. Le tiers quant à lui, légitime totalement la dimension absolue du pouvoir royal, d’une part les petites gens sont enfermées dans un raisonnement religieux dans le sens où, le roi, étant l’intermédiaire de Dieu son pouvoir est donc incontestable et il peut l’exercer comme bon lui semble. De plus l’émergence de la bourgeoisie est favorable à l’application de l’absolutisme total et complet puisque les bourgeois, ayant acquis un capital économique assez important, craignent l’insécurité civile qui serait néfaste au maintien et au développement de leurs richesses. Ainsi la royauté doit se soucier un minimum des oppositions formulées par la noblesse et le clergé en leur assurant le maintien de leurs privilèges tout en éliminant la possibilité qu’ils s’érigent en contre-pouvoirs par le biais de l’installation d’une multitude d’institutions royales au niveau régional et national visant à saper les possibilités d’exercer un pouvoir régional distinct du pouvoir royal pour un seigneur et la possibilité pour le clergé de contester le pouvoir royal. D’un autre côté, elle n’a pas de difficultés quant au libre exercice de son pouvoir face au tiers qui est favorable à l’application de ce pouvoir fort et incontesté, ceci lui facilite la tâche car le soutien dont elle bénéficie est démographiquement parlant très important. Mais elle doit pourtant se méfier des institutions visant à conseiller la monarchie qui se sont accumulées au fil des siècles et qui ont faillis devenir un obstacle à l’exercice libre et absolu de son pouvoir.

Depuis déjà des siècles, la monarchie a voulue consolider ses décisions politiques en s’appuyant sur des institutions telles que les Etats généraux ou les assemblées de notables. Ces deux institutions, qui restent assez similaires, on peut les différencier par le fait que ceux qui composent les Etats généraux sont élus tandis que ceux qui composent les assemblées de notables (postérieures aux Etats généraux) étaient nommés par le roi. Ces deux institutions réunissent des membres des trois ordres et sont consultées par le roi au moment de prendre des décisions importantes afin qu’il obtienne une information globale des points de vue de chacun avant de se prononcer. Elles tombent en obsolescence dès la première moitié du XVIe siècle, environ à la même période durant laquelle les thèses absolutistes se développent, car elles sont totalement incompatibles avec l’idée que le roi est détaché de toute opinion ou contrainte hormis la raison divine. En dehors de ces deux institutions tombées aux oubliettes, on trouve aussi les Parlements. A l’origine il n’existait que le parlement de Paris créé au XIIIe siècle sous le règne de Saint Louis, par la suite au XVe siècle, des parlements s’installent sur tout le territoire français au nombre de douze. Ces institutions ont premièrement une fonction judiciaire, ayant un rôle de tribunaux, ils sont la délégation directe de l’application des lois royales. Mais, dans un second temps, pour des raisons de transmission de la loi du roi à ses sujets, les parlements vont recouvrer une fonction législative, ils sont en droit d’émettre des remontrances au roi quant à l’établissement d’un projet de loi de ce dernier, plus clairement ils peuvent contester une loi qui leur est soumise par la monarchie bien que le roi, en dernier recours, dispose de plusieurs moyens tel que l’ordre d’enregistrement et le cas échéant le lit de justice pour faire enregistrer et appliquer sa loi. La monarchie, dans un principe de continuité ne peut supprimer ces institutions qui peuvent la gêner à l’exercice absolu de son pouvoir mais elle peut se montrer très autoritaire et répréhensive face à une possible opposition de ses Parlements qui aura pour conséquence de retarder la politique royale. L’absolutisme royal va se caractériser très clairement par les réactions de la monarchie face aux Parlements ; Louis XIII en 1641, face aux remontrances réitérées des Parlements sur ses réformes fiscales, va supprimer le droit de remontrances des parlementaires les renvoyant à leur unique fonction judiciaire. Ils recouvriront ce droit durant la période de régence d’Anne d’Autriche.

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