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Paul SCARRON, Le Roman Comique, Chapitre XII, extrait : « Je suis trop homme d’honneur... ces très véritables et très peu héroïques aventures. »

Par   •  17 Septembre 2017  •  1 325 Mots (6 Pages)  •  493 Vues

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Changement des temps verbaux qui marque la reprise du récit : valeur du passé composé de l’Indicatif, comme si action s’était figée le temps de la digression avant d’être reprise.

=> l.13-14 = pirouette finale car le récit revient à son départ => Nous pouvons ainsi clairement voir que Scarron a le goût pour récit emboîté.

b/ Un « roman comique »

=> Scarron semble jouer sur une confusion entre la forme romanesque et la forme théâtrale :

- présence du verbe « voir » utilisé 5 fois = comme s’il y avait une confusion entre roman, le théâtre et la réalité, la vie.

- « nos comédiens » = comme au théâtre, il s’agirait d’acteurs qui interpréteraient les personnages = nous allons au-delà du cadre d’un simple roman.

=> Scarron insiste sur le caractère comique, amusant de son intrigue et de ses personnages :

- les noms des personnages = ils font penser aux surnoms de mauvais garçons, ils peuvent aussi rappeler les noms de certains personnages de la commedia dell’arte (comme Brighella, le Docteur, Matamore…) = « Ragotin », « la Rancune », « le Destin », « la Caverne » = ce sont des noms qui renseignent sur le caractère des personnages.

- « très peu héroïques » = adverbes insistent sur le fait que ces aventures ne sont pas à prendre en exemple, comme celles de la plupart des personnages de comédie.

- « ils avaient laissé », « il s’était sauvé » = cela fait penser à des actions lâches => nous avons confirmation de la badinerie = ces personnages ne sont pas du tout exemplaires.

III/ Le but du roman

a/ Une visée moralisatrice ?

=> La visée moralisatrice de l’auteur-narrateur est évoquée l.6-10 :

- « peut-être aussi que j’ai un dessein arrêté » : l’adverbe de condition souligne la possibilité d’une telle visée

- le but du roman étant d’instruire en divertissant est illustré par la comparaison avec l’acte de l’ivrogne pour avertir des dangers de la boisson.

=> En jouant sur l’illusion romanesque, l’auteur rappelle systématiquement au lecteur qu’il s’agit d’un roman mais il fait comprendre aussi que par la fiction, on peut atteindre une forme de lecture sur la vérité humaine.

La dernière expression révèle néanmoins une ambiguïté : l’adjectif qualificatif « véritables » renvoie à la capacité de la fiction à tendre vers une vérité ou à être porteuse d’une vérité humaine. Mais, paradoxalement, le substantif « aventures » amplifie le caractère fictif de ce que lecteur est en train de lire.

=> Scarron interroge sur le but de son travail mais il ne tranche pas = il pose les hypothèses et laisse le lecteur juger.

b/ La visée divertissante

=> La comparaison avec les cavaliers qui laissent galoper leur chevaux (l.5-6) fait penser que l’imagination de l’auteur n’est pas bridée, qu’elle est libre = toutes les péripéties imaginables peuvent alors avoir lieu, ce qui est la garantie du divertissement.

=> Les personnages semblent haut en couleurs et sans scrupule = ils seront amusants.

→ Ils ont des noms de mauvais garçons ou de personnages de la commedia dell’arte.

→ « s’était sauvé avec son habit à la turque » = personnage qui se déguise.

→ « l’intendant de la province » = les personnages affrontent les autorités (l’intendant dans l’Ancien Régime exerçait une fonction proche de celle du préfet aujourd’hui) = cela indique des rebondissements plaisants et une opposition aux gens de pouvoir qui amuse toujours.

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