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Le roi se meurt, lettres persanes

Par   •  18 Octobre 2018  •  6 674 Mots (27 Pages)  •  81 Vues

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– savoir si les hommes doivent renoncer à dominer les femmes (ll.4 à 8) ;

– savoir s’il faut laisser aux femmes la liberté d’aller et venir ou s’il faut les laisser enfermées à la maison (ll. 8 à 11 ;

– savoir s’il faut, en laissant la liberté aux femmes, risquer de les voir être infidèles (ll. 11 à 18).

● Les hommes doivent-ils renoncer à dominer les femmes (ll. 4 à 8) ?

Rica oppose la thèse des Européens à celle des Asiatiques à l’aide :

– sur le plan logique, d’un rapport d’opposition au moyen d’une proposition subordonnée conjonctive complément circonstanciel d’opposition (« Si les Européens disent qu’il y n’y a pas de générosité à rendre malheureuse les personnes que l’on aime », ll. 4 à 6) ;

– sur le plan stylistique, d’une antithèse double (« Si les Européens disent qu’il y n’y a pas de générosité à rendre malheureuse les personnes que l’on aime ; nos Asiatiques répondent qu’il y a de la bassesse aux hommes de renoncer à l’empire que la nature leur a donné sur les femmes », ll. 4 à 8)

Les deux thèses sont défendues à l’aide d’un argument d’expérience énoncé sous forme d’une sentence au présent de vérité générale :

– « il y n’y a pas de générosité à rendre malheureuse les personnes que l’on aime » (ll. 4 à 6), pour les Européens ;

– « il y a de la bassesse aux hommes de renoncer à l’empire que la nature leur a donné sur les femmes », ll. 6 à 8).

Le fait que les deux sentences s’opposent montre que les valeurs de l’Occident et celles de l’Orient sont différentes.

● Faut-il laisser aux femmes la liberté d’aller et venir ou faut-il les laisser enfermées à la maison (ll. 8 à 11) ?

À nouveau, Rica oppose la thèse des Européens à celle des Asiatiques à l’aide :

– sur le plan logique, d’un rapport d’opposition au moyen d’une proposition subordonnée conjonctive complément circonstanciel d’opposition (« Si on leur dit que le grand nombre des femmes enfermées est embarrassant », ll. 8-9) ;

– sur le plan stylistique, d’une antithèse (« Si on leur dit que le grand nombre des femmes enfermées est embarrassant ; ils répondent que dix femmes, qui obéissent, embarrassent moins qu’une qui n’obéit pas », ll. 8 à 11).

La thèse des Asiatiques contient également une antithèse double : « dix femmes, qui obéissent, embarrassent moins qu’une qui n’obéit pas », ll. 8 à 11). Celle-ci est ironique : il s’agit de se moquer des Européens qui refusent la polygamie, mais qui sont incapables, bien qu’ils aient une seule femme, de s’en faire obéir. On peut considérer qu’il s’agit, implicitement, d’un argument ad hominem, puisqu’on dévalorise ainsi les partisans de la thèse adverse.

À nouveau, les deux thèses sont défendues à l’aide d’un argument d’expérience énoncé sous forme d’une sentence au présent de vérité générale :

– « le grand nombre des femmes enfermées est embarrassant » (ll. 8-9) ;

– « dix femmes, qui obéissent, embarrassent moins qu’une qui n’obéit pas », ll. 10- 11).

À nouveau, le fait que les deux sentences s’opposent montre que les valeurs de l’Occident et celles de l’Orient sont différentes.

● Faut-il, en laissant la liberté aux femmes, risquer de les voir être infidèles (ll. 11 à 18) ?

Là encore, Rica oppose la thèse des Européens à celle des Asiatiques à l’aide :

– sur le plan logique, d’un rapport d’opposition au moyen d’une proposition subordonnée conjonctive complément circonstanciel d’opposition (« Que s’ils objectent, à leur tour, que les Européens ne sauraient être heureux avec des femmes qui ne leur sont pas fidèles », ll. 11 à 13) ;

– sur le plan stylistique, d’une antithèse triple (« Que s’ils objectent, à leur tour, que les Européens ne sauraient être heureux avec des femmes qui ne leur sont pas fidèles ; on leur répond que cette fidélité qu’il vantent tant, n’empêche point le dégoût, qui suit toujours les passions satisfaites », ll. 11 à 15). [Il faut noter l’emploi par Montesquieu de « que si » (l. 11) à la place de « si » : il s’agit d’un latinisme, ce qui montre l’influence de la culture et de la langue latines sur les auteurs des XVIIème et XVIIIème siècles, qui ont tous étudiés, de façon approfondie les auteurs de l’Antiquité romaine.].

Là encore, les deux thèses sont défendues à l’aide d’un argument d’expérience énoncé sous forme d’une sentence au présent de vérité générale :

– « les Européens ne sauraient être heureux avec des femmes qui ne leur sont pas fidèles » (ll. 11 à 13) ;

– « cette fidélité qu’il vantent tant, n’empêche point le dégoût, qui suit toujours les passions satisfaites », ll. 11 à 15).

Là encore, le fait que les deux sentences s’opposent montre que les valeurs de l’Occident et celles de l’Orient sont différentes.

c) La conclusion (ll. 18 à 22).

Finalement, Rica :

– insiste sur la difficulté de la question en utilisant un argument a fortiori (« un homme plus sage que moi serait embarrassé de décider », ll. 18-19), nuancé par l’adverbe modalisateur « peut-être » (l. 18), qui exprime la possibilité ;

– aboutit à la conclusion qu’il ne peut pas y avoir de réponse à cette question ; comme il l’a montré précédemment, les Européens et les Asiatiques ont des valeurs différentes et ne peuvent donc pas argumenter à partir de présupposés communs : ils ne peuvent donc pas arriver à la même conclusion, et, à l’aide dune antithèse, il les renvoie dos à dos (« si les Asiatiques font fort bien de chercher des moyens propres à calmer leurs inquiétudes, les Européens font aussi bien de n’en point avoir », ll. 19 à 22).

d)

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