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DISSERTATION LA VIOLENCE UN OUTIL POLITIQUE

Par   •  21 Octobre 2017  •  5 143 Mots (21 Pages)  •  84 Vues

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II. La violence, un moyen d’accéder au pouvoir :

Comme nous l’avons précisé précédemment, les Etats usent généralement la violence afin de parvenir au pouvoir. Que ce soit par le biais de conflits armés, d’assassinats, de guérilla, de rébellion armée ou de résistance, l’Etat moderne s’est construit en détruisant les autres groupes. Nous illustrerons cette partie avec trois exemples de régimes totalitaires : le fascisme en Italie, le stalinisme en URSS, et le nazisme en Allemagne.

La violence est revendiquée comme moyen d’accession au pouvoir par les totalitarismes, qui rejettent les principes érigés par les démocraties libérales. Cette violence prend néanmoins une forme et une importance différente selon les différents régimes :

La prise du pouvoir en Italie s’est fait par la violence. En effet, Mussolini se présente comme un rempart contre le désordre, le bolchévisme et le chaos. Mussolini a compris l’intérêt de l’usage d’un parti structuré afin de se placer sur le plan de la légalité, dans le but d’accéder au pouvoir, tout en utilisant l’intimidation par la violence. Ainsi, en 1919, Mussolini crée les Faisceaux italiens de combat, mouvement politique à l’origine du Parti National Fasciste en novembre 1921. Entre 1919 et 1921, cette organisation passe de 20 000 à 300 000 adhérents. Les fascistes disposent par ailleurs d’une aide du patronat, affolé devant les menaces révolutionnaires d’après-guerre. Cet argent a permis d’organiser de nombreuses manifestations, ainsi que le financement des formations paramilitaires, les squadristi, qui recrutent beaucoup de chômeurs. Ces milices armées permettent au parti fasciste de saboter les réunions électorales de leurs adversaires, et maintiennent une intense agitation de rue dans le but de terroriser ceux qui hésiteraient encore à se rallier à leur cause et de rassurer les tenants de l’ordre.

Les fascistes ont également profité des divisions des forces de gauche, incapable de constituer des fronts communs contre les partis totalitaires. En Italie, en 1920, la gauche était divisée en pas moins de trois grands courants : les communistes, favorables aux combats de rue contre les fascistes ; les socialistes, opposés à toute violence, réformistes et considérés comme des traîtres par les communistes ; les maximalistes, favorables à une idéologie révolutionnaire et très violents. En aout 1922, le PNF (Parti National Fasciste) brise les règles et ramène l’ordre, montrant sa puissance au gouvernement. En octobre 1922, le PNF lance la marche sur Rome et lance un ultimatum au gouvernement, qui est sommé de donner le pouvoir au PNF, qui sera sinon pris par la force. Victor-Emmanuel III, roi d’Italie depuis 1900, cède et Mussolini arrive au pouvoir en 1922. La violence est donc une composante majeure du fascisme. Mussolini lui-même est non seulement d'un naturel brutal, qui ne prédispose pas cet ancien « coq de village » à rechercher le compromis avec ses ennemis, mais également le produit d'un milieu, d'un terroir et d'une culture politique que n'effraient ni le fracas du verbe ni l'âpreté des coups donnés et reçus. La violence appartient ensuite à l'univers des combattants, dans les rangs desquels se recrutent les militants et les cadres du premier fascisme. Les valeurs du fascisme sont celles de l'épopée guerrière, laquelle est inséparable de la violence et du mépris de la mort. Mussolini va utiliser la violence de ses troupes pour terroriser ses adversaires et pour convaincre l'ancienne classe dirigeante que le fascisme est l'unique rempart de la « civilisation » contre la « subversion marxiste ». Craignant, si les choses allaient trop loin, que l'État libéral se décide à rétablir lui-même l'ordre public, et que son mouvement en fasse les frais, il lui arrive cependant de modérer l'ardeur des dirigeants squadristes, au point de susciter, en août 1921, une fronde menaçante pour son pouvoir. Mais, le plus souvent, c'est avec sa bénédiction, voire à son initiative, que sont organisés les expéditions punitives, les représailles contre les journaux et les organisations politiques hostiles au fascisme, ou les attentats parfois meurtriers contre certains opposants.

L’arrivée au pouvoir d’Hitler se fait par des voies légales mais dans un climat de violence. On entend souvent qu’Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes, appuyé par un large mouvement populaire. Or, bien qu’organisé avec la complaisance des partis au pouvoir, c’est un coup d’Etat qui permet à Hitler d’accéder au gouvernement. Le 4 février, Hindenburg prend une ordonnance d’urgence qui interdit toute critique du gouvernement, supprime la liberté de rassemblement et de presse pour le Parti Communiste d’Allemagne (KPD), alors en campagne électorale, et d’autres organisations de gauche.

Le 27 février, le Reichstag, le Parlement allemand, est incendié. Officiellement, par un anarchiste hollandais déséquilibré. Cependant, de nombreux historiens sont convaincus que l’incendie a été provoqué par les sections d’assaut (SA) nazies. Les événements qui suivent confirment cette thèse. Avant tout début d’enquête, la radio affirme que les communistes sont coupables. La même nuit, sur base de listes établies à l’avance, plus de 10 000 communistes, socialistes et progressistes sont arrêtés. Toute la presse communiste et plusieurs journaux socialistes sont interdits. Les libertés de la presse et de réunion sont suspendues. En deux ans, les nazis vont interdire les partis politiques, tuer plus de 4200 personnes et arrêter 317 800 opposants, dont 218 600 seront blessés et torturés. Le 20 mars 1933, le commissaire nazi de la police de Munich, Heinrich Himmler, crée à Dachau le premier camp de concentration destiné aux prisonniers politiques. Hitler et ses compagnons, membres du parti national socialiste nazi, absolument déterminés à provoquer la chute de la République et établir un régime dictatorial en Allemagne, ont fait tout leur possible pour créer le chaos dans les rues, y compris en initiant des violences politiques et des assassinats. Les nazis ont aussi crée un concept légal celui du « Shutzhaft » ou « détention protégée » qui les autorisaient à arrêter et incarcérer les gens sans les inculper. Hitler et le régime nazi eurent également recours à la terreur pour intimider les opposants. Les formations paramilitaires, telles que les SA (Sturmabteilungen, “sections d'assaut”) et les SS (Schutzstaffel, "échelons de protection") avaient été créées dans les années 20 pour terroriser les opposants politiques et assurer la

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