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Recherche

Nous ne cherchons pas les choses mais la recherche des choses

Par   •  7 Mars 2018  •  1 782 Mots (8 Pages)  •  501 Vues

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Il faut alors comprendre que, comme on l’entend souvent, le chemin parcouru peut parfaitement être tout aussi enrichissant, si ce n’est plus, que la destination, car arrivé à celle-ci, j’aurai de toutes façons un nouveau chemin devant moi. Mais, comme le dit Pascal, c’est cette recherche qui donne à nos désirs leur intérêt. L’homme a toujours aimé les énigmes. C’est curieux, mais nous nous créons volontairement des mystères à éluder, des recherches à effectuer. Nous prenons plaisir à passer plusieurs heures sur un puzzle. Nous aimons les casse-têtes et les jeux de réflexion, nous trouvons du divertissement dans la résolution d’énigmes. Nous recherchons la recherche. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans la recherche scientifique. Depuis toujours, les scientifiques et mathématiciens se posent des questions qui peuvent sembler sans réponse. Zénon a créé des paradoxes impossibles à résoudre avec la réalité dont on dispose, mais des savants continuent de les étudier après toutes ces années. Il est normal de se demander « Et alors ? Nous ne pourrons de toute manière jamais étudier le temps et l’espace infinis au-delà de la spéculation. Alors pourquoi se poser des questions qui, une fois résolues, créent plus de nouvelles interrogations qu’elles n’en résolvent ? » Ce phénomène de projection dans l’inconnu et dans l’impossible n’a rien de bien nouveau. Si ce sont les homo sapiens qui ont évolué et survécu, et non les Néandertaliens, c’est parce que nous avons, à l’inverse des hommes de Néandertal, exploré le monde qui nous entourait sans que nos actions aient réellement de sens. Nous ne nous sommes pas arrêtés aux océans. Nous avons continué d’essayer de les traverser jusqu’à atteindre quelque chose. Le biologiste Svante Pääbo dit qu’il y a « une certaine folie » dans ce phénomène. Encore aujourd’hui, nous allons sur Mars. Nous ne nous arrêtons jamais. C’est peut-être fou de se lancer à la recherche de quelque chose qui a des grandes chances de ne même pas exister. C’est également fou de se poser des questions concernant des dimensions infinies qu’il nous est impossible d’envisager au-delà d’une certaine fiction. Mais il ne s’agit pas de résoudre les problèmes. Ce faisant, on en crée d’autres, qui peuvent très bien s’avérer impossibles. Le fait est qu’il n’est pas question d’atteindre son but, mais d’en avoir un. L’homme a évolué ainsi par sa curiosité et son désir d’aller plus loin, de faire plus. Antoine de St-Exupéry a dit « Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose. Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. » Tout ce phénomène est traduit dans la citation de Pascal que nous avons évoquée, affirmant que « Nous ne recherchons pas les choses mais la recherche des choses. » Et cela fait partie de l’être humain, de ce qui le rend exceptionnel, et s’applique également pour le désir, qui est une chose impossible à assouvir sans en engendrer de nouveaux. Le cœur même du désir réside alors dans le processus d’accomplissement même de celui-ci, dans le chemin parcouru afin d’arriver à une satisfaction, et non pas la satisfaction elle-même. Et c’est de cela qu’il faut jouir.

En conclusion, l’affirmation de Pascal peut bel et bien constituer une description plutôt pertinente du désir, dans la mesure où, dans tous les cas, même si le réel contentement est dans l’atteinte de l’objet du désir, celle-ci sera inévitablement suivie d’un nouveau désir à satisfaire. Et nous avons montré que ce n’est pas totalement le cas, qu’une grande partie de tout l’intérêt de ce processus correspond à la recherche elle-même, au chemin parcouru, bien que cela n’exclue pas l’importance et la validité de ce qu’on peut ressentir une fois le but accompli. Mais un désir, une fois satisfait, peut s’avérer décevant, puisqu’on prévoit quelque chose de plus ou moins précis, alors que les étapes franchies avant d’y arriver ne peuvent décevoir, et ce grâce à leur imprédictibilité.

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