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Une scène chargée d’émotions

Par   •  13 Mars 2018  •  1 324 Mots (6 Pages)  •  9 Vues

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et certain pour Jean Valjean (« je vais donc m’en aller », l. 24), il est lointain et voulu radieux pour le couple.

II. Un modèle d’humanité

Toute cette mise en scène vise à mettre en lumière le personnage principal dont le parcours s’achève avec le roman qui prend une tonalité épique.

1. Un portrait élogieux : de l’homme au saint

L’admiration de Hugo pour son personnage se révèle par différents moyens : par l’attitude respectueuse des jeunes gens, silencieux et émus, mais aussi par des marques de la subjectivité du narrateur (mots mélioratifs et hyperboliques : « augustes »). L’auteur souligne la dignité du personnage par la sérénité avec laquelle il accueille la mort.

Hugo divinise son héros à travers ses attitudes qui en font presque un saint : Jean Valjean bénit ses enfants ; au moment de sa mort, il est « éclairé », « regardant le ciel » comme un Christ crucifié qui a souffert pour autrui.

L’amplification épique apparaît dans le tableau final qui fait passer le lecteur d’une scène terrestre à une scène céleste. Le regard se porte au loin sur une nuit « sans étoiles et profondément obscure » (l. 43) et le lecteur assiste à la vision merveilleuse d’un être surnaturel à l’attitude solennelle et symbolique : un « ange immense debout, les ailes déployées » (l. 44).

2. Un discours en forme de sermon

Les dernières volontés de Jean Valjean résonnent comme un sermon.

Elles en ont la solennité (« Voici le moment venu », l. 20) ; Jean Valjean y multiplie les impératifs (« retiens », « aimez-vous ») et les phrases qui prennent l’allure de paroles d’évangile, à travers le présent de vérité générale, les pluriels et les tournures impersonnelles (« ce sont les partages de Dieu » l. 24 ; « Il n’y a guère autre chose que cela dans le monde », l. 26-27).

Ces dernières volontés ont une structure étudiée et didactique : se succèdent un retour sur le passé (« choses du passé », l. 15), une évocation du présent (« voici le moment venu », l. 20), des considérations générales, et enfin une projection vers l’avenir (« vous penserez quelquefois », l. 27-28).

Jean Valjean y trace un programme de vie future pour le jeune couple, élaboré à la lumière du passé, des leçons à tirer de sa propre expérience et de celle des gens qu’il a côtoyés (Fantine est un modèle pour sa fille alors que les Thénardier sont des contre-modèles).

3. Le comportement et les valeurs d’un modèle d’humanité

La vie et la mort de Jean Valjean sont exemplaires : très sensible à la souffrance (« Elle a bien souffert », l. 23), touché par le malheur d’autrui, il a la discrétion de ne pas importuner ses proches par l’évocation de son propre sort, malgré sa souffrance intolérable (« cela me fendait le cœur », l. 29-30 ; « j’étais comme fou », l. 31), et de réconforter les siens, alors que c’est lui que l’on devrait soutenir (« mes enfants, ne pleurez pas », l. 2). Il garde un profond respect pour les morts (s’agissant du nom de Fantine : « mets-toi à genoux toutes les fois que tu le prononceras », l. 22) et demande en retour que l’on se souvienne de lui (« vous penserez quelquefois au pauvre vieux qui est mort ici », l. 27-28). Sa sérénité et sa dignité devant la mort forcent le respect.

Malgré sa grandeur, il affirme sa soumission à Dieu et à sa sagesse toute-puissante, avec humilité et fatalisme (« ce sont les partages de Dieu », l. 24) ; et son émerveillement face à la création (« ses grandes étoiles », l. 25), qu’il faut admirer même si on ne les comprend pas toujours.

Enfin, sa vie est régie par des valeurs essentiellement chrétiennes : le respect des humbles et la vertu du pardon (« Il faut leur pardonner », l. 20). Le principe essentiel qui doit, selon lui, régir le monde est la règle d’amour, celle-là même édictée par le Dieu du Nouveau Testament, à travers son fils. « Aimez-vous les uns les autres » devient ici « Aimez-vous bien toujours » (l. 26), vœu appuyé par une vérité générale : « Il n’y a guère autre chose que cela dans le monde : s’aimer » (l. 27).

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