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Dormeur du val , rimabud

Par   •  7 Mars 2018  •  885 Mots (4 Pages)  •  55 Vues

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«souriait comme sourirait un enfant malade», de nouveau le terme «enfant» insiste sur l’aspect puérile du personnage. L’adjectif «malade» pose question au lecteur, on sent bien que le personnage n’a pas l’air de dormir si paisiblement que le poète veut bien le faire croire.

b) la mort, le long sommeil

Le fait de comparer la mort au sommeil est un topos poétique, mais la manière dont Rimbaud le fait est novatrice.

Ce corps est-il étendu par plaisir ou par obligation? Le champ lexical du sommeil est fort présent, en effet «étendu» vers 7, «le lit» vers 9, «il dort» vers 10, «il fait un somme» vers 11, et l’acrostiche LIT cachée dans le dernier tercet. Or, des expressions peuvent être prises à double sens, «la bouche ouverte», «il a froid», laisse supposer que la mort est en train d’envahir le personnage. De la même manière, on présente ce jeune soldat avec l’adjectif «pale», là aussi c’est la pâleur propre à la mort. Le corps ou le visage ne sont jamais peints en intégralité, on a «la narine», «la bouche», «la nuque», mais le corps est morcelé, comme si Rimbaud ne voyait pas l’intérêt de décrire un cadavre.

c) la chute

Chaque lecteur qui lit pour la première fois ce poème est troublé par le dernier vers, on ne s’attend pas à une mort brutale. Pourtant tout les indices étaient bien présents, on s’en rend compte lors d’une seconde lecture. En effet, «le val», «le trou de verdure», «le lit vert», ne sont pas qu’un beau paysage, un cocon, ces éléments creux constituent le tombeau, le lit de mort du personnage. La nuque qui baigne, c’est aussi peut-être la nuque qui baigne dans le sang du personnage… L’adjectif «tranquille» qui est mis en emphase (en avant) laisse planer le doute, on sent bien en tant que lecteur qu’il faut comprendre l’inverse. La fin est cyclique, car le poème commence par le substantif «trou» et termine par ce même terme. Ce qui choque est la mort d’un soldat qui est presque un enfant dans un univers si beau et si onirique.

Ce sonnet (deux quatrain, deux tercets) a priori simpliste et qui décrit la nature est en fait un poème qui a pour visée de décrire et dénoncer la guerre de Prusse. Rimbaud réussi à se jouer des lecteurs en mêlant habilement, le vocabulaire de la mort et du sommeil, cela peut faire songer au célèbre tableau sur le personnage Ophélie de John E. Millais, où le personnage aussi sommeille ou meurt dans une rivière…

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